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International - Article paru le 21 août 2008 dans l'Humanité

Les soldats français victimes de dommages collatéraux ?

Afghanistan . Selon les témoignages de rescapés, les frappes aériennes de l’OTAN auraient raté leurs cibles et atteint les militaires au sol.

Que s’est-il passé lundi à Saroubi ? Tandis que 11 des 21 soldats blessés dans les accrochages contre les milices islamistes arrivaient à Paris hier et que s’organise l’hommage prévu jeudi aux Invalides aux dix militaires tués, les questions se multiplient sur les conditions des combats. Selon des témoignages de rescapés publiés dans le quotidien le Monde, le nombre des victimes s’expliquerait par « la lenteur de la réaction du commandement et de sérieux problèmes de coordination ».

D’après la version officielle, l’embuscade était tendue lundi dans l’après-midi par une centaine d’insurgés qui avaient miné le secteur et ont attaqué le convoi au lance-

roquettes. L’accrochage a été d’une violence extrême, les soldats français, d’abord pris au dépourvu, ont pu riposter. Rapidement, ils ont un soutien terrestre et aérien (puis médical) et les combats se sont poursuivis jusqu’au lendemain. Or selon un témoin, l’unité de reconnaissance chargée d’approcher le col à pied « est restée sous le feu ennemi pendant près de quatre heures sans renfort ». « Nous n’avions plus de munitions pour nous défendre avec d’autres armes que nos Famas », rapporte un soldat sous couvert d’anonymat.

Le journal ajoute que les frappes aériennes de l’OTAN visant à permettre aux soldats de s’extraire du guet-apens ont parfois raté leur cible et « touché des soldats français ». En outre, les communications radio auraient été coupées avec les unités du régiment de marche du Tchad en appui au sein du convoi. Pour le Monde, contrairement à la version officielle, les victimes ne sont pas toutes mortes lors des premiers tirs ennemis mais « au fil des affrontements ». Mardi, le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées, avait estimé lors d’une conférence de presse à Paris « qu’il n’y avait pas eu d’erreurs des soldats sur le terrain ».

Les affrontements se sont poursuivis hier confirmant une offensive importante dans plusieurs régions de l’Afghanistan.

Dominique Bari

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Tag(s) : #Politique
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