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Politique - Article paru le 19 août 2008 dans l'humanité

 

Le pays du Grand-Combien défend sa conserverie

Agroalimentaire . Les salariés d’une conserverie de champignons dans le Gard promettent de nouvelles actions spectaculaires. Un rassemblement de soutien a eu lieu hier.

Alès (Gard),

correspondance particulière.

Environ 200 personnes se sont rassemblées hier en soutien aux 22 salariés qui occupent la conserverie de champignons la Compagnie du mont Lozère, à Branoux-les-Taillades, dans le Gard, près d’Alès. Un rassemblement, à l’appel de la fédération du PCF du Gard, de la section du PCF d’Alès, et en présence d’Olivier Dartigolles, porte-parole national. Les salariés occupent la conserverie depuis le 5 juin, date à laquelle le groupe France Champignon, appartenant au fonds de pension Butler Capital Partners, a annoncé brutalement la fermeture de l’entreprise.

« Nous tiendrons »

Martine, vingt-cinq ans d’ancienneté, confie que « la lutte est dure et il y a la fatigue morale et financière, mais nous tiendrons, nous avons un soutien énorme de toute la population et ça nous encourage. À midi on nous livre les repas et le soir on se débrouille avec les dons. » Dominique est secrétaire de direction, avec ses collègues, elle exprime sa détermination dans la lutte : « Nous n’avons plus rien à perdre, nous tiendrons le temps qu’il faudra. C’est vrai qu’il y a des hauts et des bas, mais on se serre tous les coudes. » En effet, ici, la solidarité fleure bon, et elle dépasse les grilles de la conserverie, car tout le pays Grand-Combien se mobilise pour soutenir le combat des 22 salariés. Une lutte qualifiée « d’exemplaire » par Sylvain André, de la section communiste d’Alès : « Vous menez un combat digne, magnifique et solidaire, symbole de la France qui résiste. » Pour Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, qui soulignait qu’à la même heure se tenait à Matignon une réunion avec le premier ministre au sujet de la situation économique du pays, « ils n’ont qu’à venir ici, s’ils veulent voir ce qui se passe dans le pays (…) il faut un plan d’urgence, le représentant de l’État qu’est le préfet doit réunir une table ronde, il y a des solutions alternatives et les collectivités territoriales sont prêtes à participer à la modernisation de l’outil industriel… ». Le responsable national du PCF saluait aussi « la force et la fraternité de ce groupe de salariés. L’actualité de l’été, ce n’est pas le CD de Carla Bruni, c’est la lutte de ces salariés qui ont des propositions alternatives et du savoir-faire. Ici on parle de l’économie réelle, celle des salaires, de la consommation et de l’emploi ».

Tout est viable

L’emploi, c’est bien ce que défendent les salariés, comme le dit Marie-Christine Milletre, déléguée du personnel CGT. « On veut d’abord garder l’emploi, mais la direction refuse toute négociation, la situation est bloquée (…) nous refusons la notion de licenciement économique, pour nous, c’est une restructuration de l’entreprise », assure-t-elle. Qui n’a rien de fatale, pensent les salariés, convaincus que « l’outil est viable et performant ». Pour accréditer cette idée, le conseil régional et la communauté de commune se montrent prêts à investir pour moderniser le site. À Branoux-les-Taillades, 22 salariés défendent l’emploi industriel dans une région déjà fortement touchée. Ici l’outil de travail est préservé, explique Dominique, « l’usine peut redémarrer dès demain, Nathalie, du service qualité, a vérifié et contrôlé hier la qualité des eaux du forage ». En attendant, les salariés, qui avaient, jeudi dernier, brûlé une partie du stock, vont multiplier les actions spectaculaires « au plan national », une détermination qui s’est renforcée un peu plus hier avec ce rassemblement solidaire.

Éloi Martinez

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Tag(s) : #Economie
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