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Politique - Article paru le 13 août 2008 dans l'Humanité

Un baril à 100 dollars pour la rentrée ?

Pétrole . Après avoir atteint des sommets, le prix du baril ne cesse de fléchir. Éclatement de la bulle ou accalmie passagère ? Les économistes sont partagés.

Longtemps attendue par les Français, la baisse du prix du baril de brut, qui a débuté mi-juillet, se poursuit. Hier matin, l’or noir s’échangeait à Londres à 110 dollars contre 147 dollars le 11 juillet dernier. Une glissade de plus de 20 %, laissant planer l’espoir de l’éclatement de la bulle pétrolière. Après sept mois d’envolée incontrôlée des prix de la ressource énergétique, les agriculteurs, pêcheurs et autres professionnels dépendant du pétrole peuvent respirer. Les spéculateurs, qui avaient trouvé refuge dans l’or noir après la crise des subprimes, auraient lâché le morceau, laissant la denrée retomber à son prix de marché. Pour le bonheur des vacanciers, le litre de gazole, carburant le plus consommé en France, s’est établi à la pompe à 1,3384 euro la semaine dernière. Selon l’UFIP (Union française des industries pétrolières), la répercussion de la baisse intervient dans un délai de dix à quinze jours. Pourtant, les analystes se divisent sur les causes du phénomène. Pour les uns, l’entrée en récession des plus grandes économies mondiales (États-Unis, Italie, Japon…) ou les très mauvais résultats des pays de la zone euro ont ralenti très fortement la pression de la demande mondiale.

Chute de la consommation de carburants

Avec des carnets de commandes diminués, le net recul de la production industrielle entraîne une consommation énergétique de moindre importance. En juin, l’UFIP avait relevé une chute de la consommation de carburants en France de 10 % et un recul « significatif » au premier semestre. D’autre part, les automobilistes ont réfléchi à deux fois avant de sortir leur voiture du garage. Les Américains ont, par exemple, conduit trois fois moins au mois de mai 2008 qu’en mai 2007. Le rebond de la Bourse et le regain du dollar ont également participé à décourager les spéculateurs. Pour d’autres, la baisse serait temporaire et saisonnière et ils attendent une remontée d’ici à l’automne.

Une nouvelle flambée reste prévisible

Soulevant le caractère extrêmement volatil du marché de l’or noir, les économistes n’excluent aucune menace géopolitique qui provoquerait une nouvelle flambée. Toutefois, le conflit qui vient d’éclater entre la Géorgie et la Russie n’a eu, à ce jour, aucun impact sur le prix du baril de brut qui a poursuivi sa descente. Et même la perte d’un oléoduc, infrastructure qui transporte plus de 1 % de l’offre mondiale de brut, a laissé indifférent le marché boursier. Avec une dégradation accentuée des économies occidentales, la baisse des prix semble plus crédible. Pourtant, aucun ne se risque au pronostic catégorique. Entre stagnation, poursuite de la baisse ou nouvelle escalade, les paris restent ouverts.

Clotilde Mathieu

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Tag(s) : #Economie
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