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Actus humanite.fr 12-08-2008 

Moscou confirme l'arrêt de son offensive en Géorgie

Les Européens ont salué mardi l’arrêt de l’offensive russe en Géorgie, qui leur a été confirmée par le président russe Dmitri Medvedev en personne, tout en rejetant la demande de Moscou d’un départ du président géorgien, Mikheïl Saakachvili.

Le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union européenne(UE) Javier "Solana vient de parler au téléphone avec M. Medvedev, qui lui a confirmé son annonce de l’arrêt des opérations militaires" en Géorgie, a souligné la porte-parole de J. Solana, Cristina Gallach.

"M. Solana a salué la décision et les deux hommes sont convenus de rester en contact", a-t-elle ajouté, soulignant que le diplomate en chef de l’UE "a confirmé (au président russe) l’engagement de l’UE pour arriver à une solution durable" à la crise qui secoue la région.

La Commission européenne a pour sa part "pris note" de l’annonce de l’arrêt de l’avancée de l’armée russe et émis l’espoir que cette annonce soit suivie de résultats "concrets".

"Nous espérons que ces engagements seront traduits immédiatement en réalités concrètes sur le terrain", a souligné une porte-parole de la Commission lors d’un point de presse.

Elle a dans le même temps rejeté le souhait exprimé un peu plus tôt par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov d’un départ du président de la Géorgie.

"Les dirigeants de la Géorgie sont élus démocratiquement par les citoyens du pays", a dit la porte-parole.

Médiation européenne

Du côté de la mission de médiation en faveur du cessez-le-feu lancée par la présidence française, après une rencontre avec le président géorgien la veille, Nicolas Sarkozy a rallié mardi Moscou.

Le chef de l’Etat français s’est entretenu dans la matinée avec son homologue Dmitri Medvedev au Kremlin. Les deux hommes ont ensuite été rejoints par M. Poutine pour un déjeuner qui devait être suivi de négociations et d’une conférence de presse.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent se retrouver demain mercredi à Bruxelles pour une réunion extraordinaire, afin de tenter d’adopter une position commune sur le conflit entre Moscou et Tbilissi.

La tâche ne s’annonce pas aisée, au vu des divergences entre les pays partisans d’une ligne très dure à l’égard de Moscou, emmenés par la Pologne, les pays baltes et la Suède notamment, et ceux qui mettent en garde contre un front anti-russe susceptible de raidir encore un peu plus la position de Moscou.

Dans le premier camp, le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt a estimé mardi que "tôt ou tard, la Russie devra payer un prix fort" pour son offensive militaire contre les troupes géorgiennes. Il a jugé que Moscou avait agi par vengeance vis-à-vis d’"un petit pays qui a choisi de suivre une voie que (la Russie) n’approuve pas".

A l’inverse, les chefs de la diplomatie italien et belge ont appelé à ne pas constituer un front anti-russe. Ce serait "une erreur", a jugé mardi le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht.

Situation humanitaire et population civile

L’aggravation de la situation humanitaire a en tout cas conduit le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à demander l’ouverture d’un "couloir humanitaire" en Ossétie du Sud pour permettre l’évacuation des blessés. Le nombre de morts pourrait s’élever à plusieurs centaines de civils.

Au moins 100.000 personnes ont été déplacées jusqu’à présent à cause du conflit entre la Russie et la Géorgie, a annoncé mardi le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) à Genève.

Selon les chiffres fournis par les gouvernements géorgien et russe, 30.000 personnes ont fui l’Ossétie du Sud (environ 70.000 habitants) vers l’Ossétie du Nord (Russie), tandis que plus de 12.000 autres se sont déplacées à l’intérieur même de la région autonome géorgienne, a indiqué le HCR.

Quelques milliers de personnes ont fui les combats vers le sud, en Géorgie, tandis qu’environ 56.000 habitants de Gori (Géorgie), plus grande ville géorgienne proche de l’Ossétie du sud, ont quitté la ville, a indiqué le porte-parole du HCR à la presse en citant des chiffres fournis par les autorités géorgiennes.

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a "réitèré son appel pour l’ouverture de deux corridors humanitaires (en Ossétie du Sud), l’un vers le nord, l’autre vers le sud" pour permettre aux civils de fuir les combats et pour laisser le passage aux travailleurs humanitaires.

"L’OCHA est extrêmement préoccupé par l’escalade et par la violence. La situation se détériore sur le terrain, entraînant un important mouvement de population", a déclaré la porte-parole de l’OCHA Elisabeth Byrs.

"C’est pour cela que l’OCHA demande à toutes les parties prenantes dans ce conflit de laisser les organisations humanitaires avoir un accès sans la moindre restriction aux populations, aux personnes qui sont blessées, aux personnes qui ont besoin d’aide et qu’elles laissent le personnel et les ambulances s’occuper des malades, des morts et des blessés", a-t-elle ajouté.

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Tag(s) : #Monde
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