dans l'HumanitéFillon annonce une saignée de 30 000 fonctionnaires en 2009
Le premier ministre François Fillon a fixé hier à « au moins 30 000 » le nombre de non-remplacements de fonctionnaires partant à la retraite en 2009. Invité de RTL, il a donc confirmé que le budget 2009 était préparé sur la base de l’objectif du non-remplacement d’un départ en retraite sur deux. Le chef du gouvernement a par ailleurs indiqué qu’il s’était « mis d’accord » avec le ministre de l’Éducation nationale Xavier Darcos sur le non-remplacement de 13 500 fonctionnaires de l’éducation nationale l’année prochaine. « On est en déficit depuis trente-quatre ans : si on veut sortir de ce déficit il y a deux façons de le faire : soit avec un plan de rigueur (..) ou il y a une autre solution, celle que nous avons choisie : on fait des réformes structurelles. »
Les objectifs du gouvernement
Dans l’après-midi devant les députés, Fillon revenait sur le sujet et martelait : « Il ne faut pas que les budgets augmentent, il faut qu’ils baissent », réaffirmant qu’il n’y aurait pas « d’augmentation des dépenses de l’État en volume », c’est-à-dire supérieure à l’inflation, d’ici à 2012. « L’exigence du retour à l’équilibre des finances publiques, c’est pour moi l’essentiel de la mission que le président de la République m’a confiée. » S’adressant aux députés UMP, qui ont du mal à expliquer du gouvernement à leurs électeurs, Fillon s’est montré insistant : « Chacun d’entre nous doit avoir à coeur de défendre ce retour à l’équilibre même quand c’est difficile pour lui, même quand ça implique des sacrifices dans sa circonscription, même quand ça implique de renoncer à un discours que nous avons tous tenu - et moi le premier - pendant des années et des années, qui était le discours du plus toujours plus. »
La mobilité des fonctionnaires
Les réformes structurelles du gouvernement se réduisent pour l’instant à l’organisation et à la gestion de la pénurie. La fonction publique aura perdu 23 000 postes cette année, (dont 11 000 dans l’éducation nationale) selon les objectifs fixés par le gouvernement, un chiffre qui pourrait même être dépassé à la fin de l’exercice budgétaire, selon les projections des syndicats. Sous couvert de modernisation, la RGPP (revue générale des politiques publiques) supprime des effectifs à la hache dans les services. La loi sur la mobilité des fonctionnaires qui doit être examinée à l’automne facilite le transfert d’un agent d’une administration à l’autre, encourage le recours à l’intérim et aux contractuels pour remplacer des fonctionnaires absents, permet de mettre à la retraite ou en disponibilité un fonctionnaire dont le poste est supprimé et qui refuse trois propositions d’emploi.
« Le gouvernement poursuit et aggrave son plan de suppressions massives dans la fonction publique, contre vents et marées, puisque les sondages montrent que cette politique est globalement contestée par les personnels, mais aussi par les citoyens », constate Jean-Marc Canon (UGFF CGT).
Lucy Bateman
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)