Agir contre la vie chère et pour le développement durable
6 août 2008
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En cette période estivale, la question du pouvoir d’achat ne prend pas de congés. Cette année, en effet, les vacanciers regardent autant leur porte-monnaie que les prévisions météo. L’essence chère limite les excursions, les petits restau qu’on s’offrait en famille font place aux sandwichs et les glaces à l’eau remplacent les terrasses. On visite la famille, on rappelle les vieux copains... Une majorité de Français pense ses vacances à l’économie. D’autres, de plus en plus nombreux, y ont renoncé. Déjà, cet été, les séjours sont moins longs, on « part » moins volontiers. Le slogan de Sarkozy est devenu « se reposer moins et gagner moins ». Et puis, comment partir le cœur léger quand on est salariés précaires et qu’on ne sait pas la couleur des lendemains ? Comment ne pas avoir en tête cette hécatombe de mauvaises nouvelles : alourdissement de la facture médicale, hausse des cotisations retraite, licenciements en vagues, SMIC désespérément au plus bas quand tout augmente. Ce ne sont pas les petites combines que nous ressasse la propagande gouvernementale - pour acheter moins cher et faire du neuf avec du vieux - qui donne un peu d’air. Alors la vente des fruits et légumes organisée par le PCF et le MODEF le 21 août prochain est d’abord un geste de solidarité.
Cette action est aussi un geste de soutien avec les producteurs. La crise agricole sévit comme jamais. Alors que les revenus des producteurs ici sont mis à mal, on a vu se multiplier ces derniers mois des « émeutes de la faim » aux quatre coins du monde qui nous ramènent au Moyen Age. Les causes de la tragédie de la famine qui touche un milliard d’individus sur notre planète ne sont pas techniques. Elles sont avant tout politiques. C’est parce que, dans ce monde capitaliste, on a fait passer le droit de faire des affaires, le droit commercial avant le droit de manger à sa faim, que nous en sommes là. Telle est la question fondamentale. Ne pas l’aborder, c’est laisser perpétrer ce crime quotidien contre l’humanité. Sont responsables ceux qui ont organisé la pénurie alimentaire pour les besoins de la spéculation et pour permettre aux Etats Unis de détenir l’arme alimentaire. La mise en friche de bonnes terres, les réductions de productions, les destructions orchestrées de stocks alimentaires ont bien été décidées par les instances de l’Union Européenne, de concert avec les dirigeants nord-américains et les institutions internationales. En même temps, ils ont obligé les paysans des pays du Sud à abandonner leur agriculture vivrière pour produire des cultures d’exportation afin que leur pays puisse rembourser leur dette toujours grossie de taux d’intérêt exorbitants. Non contents d’organiser cette pénurie relative, les requins de la finance, échaudés par la crise du marché immobilier, se sont jetés dans la spéculation sur les denrées alimentaires et toutes les matières premières. C’est cela qui conduit à l’actuelle flambée des prix.
Dans le cadre de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), à Genève, une poignée de grandes nations et de représentants des plus grandes puissances agricoles et de l’agro-business ont tenté de pousser plus loin encore ces politiques de déréglementation, de privatisation, de spéculation. Leur tentative a échoué. Et c’est tant mieux. Car il est urgent d’agir désormais pour définir un nouveau rôle pour l’OMC, multilatéral, c’est à dire prenant en compte les voix de ceux qui sont exclus, afin de contribuer à un développement harmonieux des économies de chaque partie du monde, dans le respect de grands principes que sont la souveraineté et la sécurité alimentaire, la lutte contre le gaspillage et le développement durable.
Il faut des engagements précis et un calendrier pour résorber la famine, dire sans ambiguïté que la fonction de production des denrées alimentaires est une mission d’intérêt public. Elle ne peut donc être inscrite dans les tables de la loi du marché capitaliste. Elle doit reconnaître l’indispensable souveraineté alimentaire des peuples.
Dans le même mouvement, la politique agricole européenne devrait être totalement refondée sur la base d’une rénovation du principe de préférence communautaire agricole, combinée avec le lancement d’un vaste programme de coopération avec les pays du Sud pour les aider à acquérir leur autonomie agricole et alimentaire. Elle pourrait être le fer de lance d’une révolution agricole mondiale.
Rendez-vous donc le 21 août prochain pour la vente des fruits et légumes, organisée par le PCF et le MODEF.
http://www.bdr13.pcf.fr/Agir-contre-la-vie-chere-et-pour.html
Il faudrait 30 milliards de dollars par an pour éradiquer la famine. La guerre en Irak va coûter 3 000 milliards.
Le jeudi 21 août, le PCF organise, avec le MODEF, des ventes solidaires de fruits et légumes . Un geste de solidarité en ces temps de vie chère ; de soutien aussi aux producteurs ; de résistance enfin à la vague ultralibérale qui veut nous imposer, partout et en tout, « une concurrence libre et non faussée ».
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