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Croissance : révision à la baisse

statistiques . L’INSEE a dévoilé, hier, des prévisions pour 2008, moins optimistes que celles du gouvernement.
« Baisse de régime » a titré l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) sur sa note de conjoncture trimestrielle. Jusqu’ici à l’écart du ralentissement international, grâce au dynamisme de ses exportations et des investissements des entreprises françaises, la France se heurte désormais à une diminution de son activité. L’Institut prévoit pour 2008 un taux de croissance de 1,6 %. Une prévision au-dessous de la fourchette de 1,7 % à 2 % envisagée par le gouvernement. Après un rebond au premier trimestre à 0,6 %, qualifié par l’INSEE « d’embellie passagère », celle-ci pronostique 0,2 % au deuxième trimestre, 0 % au troisième et 0,2 % au quatrième.
Le recul de l’activité des économies avancées et la perte de compétitivité des entreprises françaises via l’appréciation de l’euro face au dollar plombent les exportations. En conséquence, l’INSEE prévoit un ralentissement de la production des entreprises françaises à 1,9 % contre 2,5 % en 2007. Face au manque de commandes, les statisticiens envisagent une réduction par deux de la création d’emplois pour 2008 (199 000 contre 380 000 pour 2007). De fait, le taux de chômage, dont les chiffres restent contestés, devrait stopper net son recul pour se stabiliser autour de 7,1 % cette année.
Face à l’envolée des prix du pétrole, de l’alimentation, l’inflation atteindra, en 2008, 3,2 %, soit un niveau jamais atteint depuis 1991. Les Français qui ne pourront compter sur une hausse de salaire devraient être amenés à ralentir leur consommation. Une tendance durable, compte tenu de la tension sur le marché du travail, les familles seront incitées à agir avec précaution et refuseront de rogner leurs épargnes pour compenser la perte de leur pouvoir d’achat.
Depuis la crise financière, l’ensemble des enquêtes réalisées par les banques centrales font état d’un durcissement du crédit. Celui-ci « se traduit, soit par un taux d’intérêt du crédit plus élevé (effet prix), soit par un refus d’accorder des prêts (effet volume) », explique l’INSEE dans sa note. Outre les entreprises qui ralentissent leur investissement, ce durcissement des conditions de crédit et le niveau élevé des prix de l’immobilier poussent les ménages à reporter leurs investissements en logement. Selon un communiqué du courtier immobilier en ligne Empruntis, publié mercredi, le taux fixe moyen des prêts immobiliers sur vingt ans a franchi la barre des 5 %, un niveau jamais atteint depuis 2003. Le signe d’une crise immobilière qui toucherait désormais la France ?
Clotilde Mathieu
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