Le retour dans l’OTAN inquiète la gauche
Le Parti socialiste et le Parti communiste ont rendu publiques leurs critiques du livre blanc sur la défense et la sécurité. Les points de vue des deux principales formations de la gauche sont sévères d’abord sur la méthode. Le Parti socialiste dénonce une « opération guidée par Nicolas Sarkozy », la commission n’ayant « finalement servi qu’à justifier les décisions présidentielles », ce qui a motivé leur décision de s’en retirer. Seconde critique, la révision générale des politiques publiques (RGPP) « qui supprime les emplois et les garnisons », « façonnera, de fait, notre nouveau modèle d’armée et influera de manière plus décisive que le livre blanc sur l’avenir des armées ». Pour le PS, il s’agit d’une inversion de logique. « Les profonds remodelages proviennent de l’impératif d’économies, et pas, comme on voudrait nous le faire croire, d’une nouvelle doctrine de sécurité ou de nouvelles données stratégiques », dénonce de son côté le député communiste Jean-Jacques Candelier. Enfin sur la méthode, le Parti socialiste aurait souhaité un débat et un vote du Parlement.
Sur le fond des conclusions de la commission du livre blanc, l’essentiel des critiques de la gauche porte sur le retour de la France dans l’OTAN. Le Parti communiste y voit la confirmation de la « dérive atlantiste de Nicolas Sarkozy » et le Parti socialiste « le choix de s’aligner sur une administration Bush finissante ». Les deux formations opposent à ce choix une option européenne. Pour le PS, la réintégration dans l’OTAN « revient simplement à abdiquer l’espoir de construire l’Europe de la défense ». Pour le PCF, « l’affirmation d’une défense européenne, où chaque nation pourrait conserver son libre arbitre, constituerait une alternative à la puissance militaire américaine ».
Autre sujet d’inquiétude à gauche, la définition des menaces et des missions de la défense. Le Parti socialiste critique « l’aspect dramatisant » des « nouvelles menaces », qui conduit la commission à ne chercher de réponses que « sécuritaires et militaires », alors qu’elles sont, selon le PS, avant tout « politiques et diplomatiques ». « L’outil militaire n’est pas mis au service d’un tel projet de politique internationale », estime le PS. Le Parti communiste, qui s’interroge sur la poursuite de la « stratégie de dissuasion », estime que « la nature même de l’arme nucléaire appelle un processus multilatéral de son abandon » et demande qu’on s’y engage. Les communistes s’interrogent également sur le « distinguo entre sécurité et défense », estimant que « par essence, la défense est un des garants de la sécurité ». Ils s’inquiètent de « l’emploi des forces armées sur le territoire intérieur pour des opérations de police » et sur le rattachement des gendarmes au ministère de l’Intérieur. « Veut-on rendre possible une intervention des armées dans un conflit social, comme le laissait entrevoir un haut responsable militaire ? », demande le PCF.
Olivier Mayer
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