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Politique - Article paru le 10 juin 2008

"Un choix idéologique à sens unique"

Les initiateurs de l’appel « Le service public est notre richesse » se sont réunis, samedi à Paris, pour « contrer le rouleau compresseur » de la RGPP.

Plus de 36 000 personnes ont à ce jour signé l’appel en ligne « Le service public est notre richesse », qui s’oppose à la révision générale des politiques publiques (RGPP). Ses initiateurs, personnalités d’horizons et d’engagements divers – dont Bernard Thibault (CGT), Annick Coupé (Solidaires), Faride Hamana (FCPE), Jean-Pierre Giacomo (CNL), Anicet Le Pors, Patrick Pelloux (urgentistes), Emmanuelle Perreux (Syndicat de la magistrature), Jack Ralite, etc.– avaient donné rendez-vous aux défenseurs du service public, samedi, au gymnase Japy, à Paris. L’occasion de faire le point sur les résistances aux attaques en cours, mais aussi sur l’alternative à construire pour « contrer le rouleau compresseur des libéralisations  », dira Yves Salesse, de la fondation Copernic, en introduction à la réunion. Pour Gérard Aschieri, « la RGPP n’est pas seulement une réduction du nombre de fonctionnaires, mais un choix politique et idéologique à sens unique ». Un choix qui conduit à « la destruction des fondements de la décentralisation culturelle portée par Jean Vilar avant André Malraux », pour Georges Mouradian, conservateur du patrimoine, et à traiter le service public « comme une PME, en parlant dégraissage et économies », dénonce Florian Lecoultre, président de l’Union nationale lycéenne. Sur le plan des chiffres, l’hécatombe est considérable : « Entre 2002 et 2012, on comptera 300 000 emplois de moins dans la fonction publique d’État  », dénombre Jean-Marc Canon, secrétaire des fonctionnaires CGT, qui rebaptise la RGPP « recul général pour les populations », avec une philosophie  : « Moins d’agents, moins de missions, moins de statut. » Pour les participants, il faut au contraire revenir aux fondements du statut de la fonction publique, garant de l’indépendance de l’agent visà- vis des pouvoirs publics, qui « protège le fonctionnaire mais aussi le citoyen » des abus ou du népotisme, selon Nicolas, inspecteur des impôts CGT en Seine-Saint-Denis. Une garantie du « service au public », pour le président de la fédération Convergence des services publics, Bernard Defaix, pour qui cette notion est un élément de la lutte autour des « trois D : défense, développement, démocratisation  » du service public, qui est « le contraire du statu quo ». La sénatrice communiste Brigitte Gonthier-Maurin a énoncé les « trois conditions » indispensables, à ses yeux, à une « refondation du service public » : la « transformation de la construction européenne, contre le traité de Lisbonne  », la mise en place de « nouveaux types de financements avec la création d’un pôle public du crédit », et celui d’une « démocratisation du service public, avec des pouvoirs d’intervention aux usagers, salariés et élus ». Une exigence de démocratie objet d’un large consensus chez les intervenants, à l’instar de Françoise Dumont, de la Ligue des droits de l’homme, qui y voit une condition de « l’effectivité des droits », dont « le service public est un outil indispensable » : « Aucun discours sur les droits opposables ne pourra masquer l’entreprise de démolition de la RGPP. »

Sébastien Crépel

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Tag(s) : #Politique
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