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Tribune libre - Article paru le 31 mai 2008 dans l'Humanité

La fin de la IVe République et la confiscation gaullienne des institutions

1958, La naissance de la Ve République,de Michel Winock. Éditions Gallimard, 2008, 130 pages, 13,50 euros.

Dans la collection « Découvertes », qui fait une place importanteà des illustrations bien choisies, Michel Winock, déjà l’auteur du livreLa République se meurt 1956-1958 (Seuil, 1978), décrit, en partant des origines, les circonstances qui conduisirent à la chute de la IVe République. Récit classique, de la part d’un historien de talent, qui peut être lu de plusieurs manières, mais met en lumière quelques caractéristiques de la situation. Les faiblesses du régime souvent invoquées ne sont pas décisives car, à part le général de Gaulle et une poignée de ses fidèles, personne ne souhaitait, à la veille de 1958, qu’il fût complètement transformé. L’instabilité ministérielle reprochée à la IVe République tenait surtout à l’étroitesse de la majorité parlementaire, car l’ostracisme jeté contre les communistes (25 % de l’électorat)- en particulier par le Parti socialiste et la gauche modérée, du type Mendès-France - empêchait la constitution d’une vraie majorité de gauche.

Si la guerre d’Algérie était effectivement très grave, les capitulations successives des gouvernements devant la pression des pieds noirs et devant les initiatives de l’armée ne pouvaient qu’encourager le déclenchement de l’émeute d’Alger en mai 1958. L’auteur montre bien le double jeu de De Gaulle utilisant les événements d’Alger et même la menace bien réelle d’un coup de force militaire pour arriver de façon à peu près légale au pouvoir et modifier les institutions dans un sens autoritaire. La gauche modérée était obsédée par un danger communiste imaginaire et cela pesa sur son attitude. En tant que force politique, le Parti communiste fut le seul à défendre unanimement la IVe République.

Le mouvement populaire d’opposition à de Gaulle, (CGT, FEN, etc.), bien retracé ailleurs par Danielle Tartakowsky (1), est ici minoré. On regrettera aussi que dans les textes publiés à l’appui la parole ne soit donnée, en dehors de De Gaulle lui-même, qu’au sempiternel microcosme parisien, François Mauriac et Sirius (Beuve-Méry du Monde) pour le « oui » à de Gaulle, Sartre ou Claude Bourdet pour le « non ».

historien

(1) Le pouvoir est dans la rue. Éditions Aubier,

1998 (pages 139-148).

Raymond Huard,

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Tag(s) : #Histoire
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