La vie rêvée des dirigeants de PSA
Correspondance particulière.
Quand, le 5 février 2007, il annonçait des réductions d’effectifs, le gel des salaires et des économies dans tous les secteurs, Christian Streiff, tout nouveau PDG de PSA, faisait figure de gestionnaire rigoureux qui allait remettre le groupe en ordre de bataille. La rigueur, il la prônait ! Quant au grand pourvoyeur d’économie, Christian Streiff, selon la CGT, son salaire journalier pour 2007 a atteint quant à lui 5 796 euros : « 1,9 million d’euros pour l’année, une augmentation convenable de 120 % environ par rapport à son prédécesseur. Les salariés de Sochaux et des autres sites n’en demandent pas autant, ironise-t-on à la CGT. À l’excellente rémunération annuelle du PDG de PSA est venue se greffer en 2007 l’attribution de 140 000 stock-options. Mais les plus heureux devraient être les actionnaires du groupe : « Dans ses résolutions, Christian Streiff prévoit de leur verser 351 millions d’euros soit une augmentation de 11 % par rapport à l’année dernière et, en contrepartie, ils leur demandent d’être bienveillant en votant l’attribution de 2 500 000 stock-options aux principaux dirigeants de l’entreprise en plus de leur rémunération habituelle. Des propositions scandaleuses ! (1). Dans cette série « bien payé à ne rien faire », la CGT a débusqué le baron de Seillière. Inscrit sur l’organigramme du conseil de surveillance où l’ancien président du MEDEF ne met pas les pieds, il touchera cette année 27 000 euros. Quant au nouveau patron de l’UIMM, Frédéric Saint-Geours, ancien directeur de Peugeot, il s’est libéré l’année dernière de ses 21 000 stock-options et a encaissé, « sur le dos de l’entreprise, 504 000 euros ». Des joies de la finance qui ne font plus sourire les salariés car, depuis la mise en oeuvre dans le groupe PSA du plan GPEC, en 2007, la GGT constate l’accélération des suppressions d’emplois : « Le groupe PSA est passé de 211 750 salariés, fin 2006, à 207 850, fin 2007, soit 4 000 suppressions d’emplois. On constate également la poursuite et l’accélération de la politique de délocalisation. Car, si l’effectif global baisse de 4 000 personnes, un examen par zone géographique montre que la France a perdu 8 000 emplois et que Europe, hors France, est restée stable mais avec un déplacement de l’Europe de l’Ouest vers l’Europe de l’Est. En Chine et en Amérique latine, les effectifs ont augmenté de 4 000. » Le PDG de Peugeot pourra donc se glorifier devant les actionnaires de PSA d’avoir augmenter les rémunérations de quelques-uns au détriment de l’emploi et de salaires de milliers d’autres.
(1) Rapport du cabinet d’expert-comptable fait devant la commission économique du CCE PCA, le 6 mai 2008, et document de référence PSA 2007 accessible sur le site de l’AMF.
Alain Cwiklinski
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