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e Toulon à Montpellier en passant par Marseille, Avignon, Nîmes ou Digne, la défense de l’emploi et des services publics mobilise.

 

Montpellier : le souffle lycéen

L’Hérault n’a pas non plus manqué son premier rendez-vous du mai social qui se profile. A Montpellier, au moins 6 000 manifestants ont déferlé depuis les jardins du Peyrou jusqu’à la préfecture. Derrière un front syndical uni, c’est une vague pro-éducation qui a clairement émergé. Si les hospitaliers, fonctionnaires du trésor ou de la Drass se sont aussi mobilisés, un véritable flot d’enseignants, de chercheurs, d’éducateurs spécialisés… et de parents s’est déversé dans les rues d’une capitale régionale en colère. Mais la belle surprise est sans conteste venue des jeunes. D’une centaine d’étudiants mais surtout d’un millier de lycéens débarqués de tout le département (Montpellier, Lunel, Béziers, Sète, Pézenas) pour hurler sans réserve leur rage face à la politique des coupes franches de postes.
 Une rue au souffle intergénérationnel en écho aux fortes perturbations enregistrées dans les établissements scolaires héraultais. Dans l’académie de Montpellier, le taux d’enseignants grévistes s’est élevé à 50,8% pour les collèges (54,5%) et lycées (46,8%). Mieux encore dans les écoles maternelles et élémentaires où l’on a relevé un débrayage à hauteur de 60%. Rien qu’à Montpellier, 41 des 115 écoles sont restées portes closes.

Avignon: 5000 pour les services publics

Mobilisation réussie pour les organisations syndicales dans le Vaucluse, ou les 5000 manifestants à Avignon doivent aussi beaucoup à la mobilisation des lycéens, dont on peut considérer qu’ils représentaient près de la moitié du cortège. Venus de Carpentras, d’Apt, et bien sur des lycées d’Avignon ils formaient la partie le plus homogène du défilé, la plus colorée aussi. Les enseignants étaient eux aussi très mobilisés, inquiets des conséquences sur l’école publique de ce que certains qualifient de « plan social ». A l’échelle du département, ce sont 82,5 postes et 19 classes de seconde en moins.
Grosse présence des salariés de l’hôpital de Montfavet, des hôpitaux du département, dont on sait qu’une menace pèse sur leur avenir. Les salariés de l’INRA, du département de Vaucluse, de plusieurs municipalités et collectivités étaient aussi présents. Les manifestants se sont retrouvés en fin de manif sur une place du palais en partie réservée pour l’émission de Michel Drucker de samedi soir, amenant involontairement les techniciens à cesser le travail.
A Avignon, la tentative d’instauration de service minimum ne permettait d’accueillir que 40 enfants des écoles de la ville, ils n’ont été que vingt à remplacer l’école par le centre de loisirs

Toulon : « T’es vraiment sûr qu’on est dans une ville de droite » ?

La manifestation de Toulon, hier matin à partir de la Place de la Liberté, n’était pas grosse. Elle était énorme. Du type rappelant au pèlerin oublieux, que le Port du Levant n’est pas une ville de rupins et encore moins une ville de riches, mais bien l’une des cités les plus sinistrées de France. Si les travailleurs de la Navale, depuis leur arsenal, se sont mobilisés en masse impressionnante pour remonter de la base navale vers leurs copains des services publics et les jeunes étudiants et lycéens, c’était pour passer aussi le message de solidarité. Pour les « autres ».
Pour les chômeurs et mal logés (80% de la population toulonnaise est éligible au logement social… qui n’existe quasiment pas en Rade), pour les SDF endormis sur les trottoirs du centre-ville heureusement sous le soleil. Pour dire qu’y en marre. Sur le pavé jeudi matin, les policiers, les journalistes et les responsables d’organisations syndicales se grattent le menton : « Ils son combien dans la rue » ?
Livrons le truc à la louche : « 5000 » au départ, puis « 7000 » un peu plus tard, enfin « 10 000 » en certaines bouches avant que le cortège ne finisse son périple à la préfecture.
Info objective : lorsque les premiers hussards se sont pointés du côté de Mayol, l’arrière garde piétinait encore sous les palmiers de Liberté, soit trois kilomètres plus loin, et toutes les « quatre voies » des avenues biens serrées.
Résumé en commentaire d’un vieux cégétiste ébahi : « T’es vraiment sûr qu’on est dans une ville de droite » ?

Nîmes : l’esprit combatif

Après une semaine mouvementée de feria, Nîmes a retrouvé son calme. Mais, elle n’a rien perdu de sa combativité ! Quelque 3500 personnes ont effectué hier une pégoulade revendicative sur les boulevards nîmois.
Venues du secteur public, des collectivités locales, des collèges et des écoles du département, elles ont réaffirmé leur opposition à la RGPP, traduite dans le cortège en Régression Générale des Politiques Publiques. Mais ce sont tout autant les salaires, le statut et plus largement les conditions de travail qui sont au cœur des préoccupations. Il faut dire qu’ici à Nîmes ou à Alès on connaît la détérioration du service public.
Les maires « sarkozistes » de ces deux villes appliquent déjà avec zèle les projets du Président de la République de privatisations de services municipaux avec les détériorations des conditions de travail que cela implique.
Côté enseignants, la déléguée du Snuipp relevait également l’exaspération de ses collègues qui se traduit dans les chiffres : selon les pointages du matin, on comptabilisait 65% de grévistes dans les collèges, 65 % dans les lycées et plus de 80 % dans les écoles dont plusieurs étaient purement et simplement fermées.

Alpes : la résistance s’organise

Un défilé de plus d’un millier de personnes s’est ébranlé de la place du général De Gaule à Digne-les-Bains hier en fin de matinée. Des lycéens de Manosque, Sisteron et Digne ouvraient le cortège dans un tohu bohu sympathique emmené par une sono d’enfer où s’époumonait le Monsieur Loyal de la manif en scandant des slogans repris en cœur par les manifestants.
Les revendications, via de multiples pancartes et banderoles, portaient sur la casse des écoles, de la Sécu, des salaires, des retraites, du pouvoir d’achat, de la fermeture des hôpitaux… Preuve que la résistance sociale est là et bien là, dans une démarche unitaire à souligner.
Tour à tour, les représentants des organisations syndicales « chauffaient » la foule de manifestants en dénonçant la politique du gouvernement Fillon dans le cadre de la RGPP (révision générale des politiques publiques).
« Pour Sarkozy, un bon fonctionnaire, c’est un fonctionnaire éjecté et non remplacé ! » notait l’UNSA ; « cela fait trop longtemps que dans ce pays les salariés ne relèvent pas assez la tête. Les lycéens et les universitaires nous ont montré, en 2006 avec l’abrogation du CPE, la voie à suivre. Il nous faut reprendre ce flambeau tous ensemble » proposait la CGT tandis que FO mettait en garde contre la division : « ensemble nous sommes agressés, ensemble nous nous battons et ensemble nous gagnerons ».
Face à la véritable déclaration de guerre aux enseignants et aux fonctionnaires, le gouvernement Fillon et son président n’ont manifestement pas à faire à des moutons. Paroles de Bas-Alpins.

Marseille : 30 000 et 10 000 qui font 40 000 !

Deux semaines après le premier mai qui marquait les retrouvailles des défilés revendicatifs avec la Canebière, près de 40 000 fonctionnaires en grève ont manifesté hier à Marseille. Le cortège unitaire initié par la CGT, la CFDT, la FSU, l’UNSA, Solidaires en regroupait en effet 30 000, celui à organisé par FO, près du tiers.
Autant dire que la perspective de la suppression d’un emploi sur deux parmi les agents de l’Etat ne suscite pas leur enthousiasme. Et ne concerne pas les seuls enseignants qui s’opposent à la ponction de plus de 11 000 postes dans l’Education nationale dès la rentrée prochaine. Sans doute ceux-ci étaient-ils venus nombreux pour le dire à leur ministre, notamment sous les fanions de la FSU et de ses syndicats. Sous les banderoles et autres pancartes aussi dont une affichait : « Darcos, si tu t’en vas, on arrête tout ».
Une mobilisation qui n’était pas pour déplaire à Mireille Chessa, la secrétaire générale de l’UD-CGT qui faisait observer la forte présence d’autres secteurs de la fonction publique, et même celle de « délégations interprofessionnelles ».
Ainsi que celle des agents du Port autonome qui réaffirmaient leur refus d’être transférés au privé avec leur outillage.

Reportages Rémy Cougnenc, Claude Gauthier, Christophe Coffinier, Jean-Pierre Michel, Paule Bounat, Christian Carrère.


Commentaire

André Santini se vit comme une espèce de Cupidon de la politique, toujours prêt à décocher l’une de ses flèches acidulées dans le débat, ce qui lui permet le plus souvent d’en esquiver le fond des dossiers, sur lesquels il n’est pas toujours à l’aise.
Sauf qu’en l’occurrence, le « chérubin » a obtenu une dérogation au titre du travail des séniors.
Aussi, quand ce secrétaire d’Etat labellisé du siècle de Giscard estime que la grève est « un mode de réclamation daté », on se dit que le bonhomme est connaisseur en antiquité idéologique.
Mais il a toujours su se renouveler- et souvent à la vitesse du vent- passant volontiers de Giscard à Balladur, de Bayrou à Sarkozy.
C’est sans doute au titre de cyber-maire - auto proclamation notoire pour son utilisation d’Internet dans sa commune- qu’André Santini prétend aujourd’hui, en leader d’opinion, dire le must en matière de revendication syndicale.
A moins, qu’homme d’esprit cultivant la parabole, il n’ait voulu donner une signification cachée, à sa phrase du jour.
Dans ce cas, les événements sont en train de lui donner raison : 300 000 manifestants dans toute la France. Des milliers de lycéens et d’enseignants qui ne désarment pas et qui préfèreraient de loin qu’on parle d’un accueil optimum de la jeunesse dans le service public d’éducation.
Des milliers fonctionnaires qui se battent pour l’amélioration de la fonction publique…
Ce 15 mai est peut-être à dater dans le calendrier social. Avant le 22 !

Michel Allione

http://journal-lamarseillaise.com/index.php?option=com_content&task=view&id=5298&Itemid=1
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Tag(s) : #Politique
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