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Société - Article paru le 12 avril 2008 dans l'humanité

Dialogue de sourds au ministère

Éducation . Les syndicats lycéens, reçus hier par Xavier Darcos, pointent le manque de « réponses concrètes » au problème des suppressions de postes.

Les élèves sont toujours mobilisés contre les suppressions de postes de professeurs dans « leurs » lycées. Hier, les représentants des deux principaux syndicats de lycéens, l’Union nationale lycéenne (UNL) et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), étaient reçus par le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos. Mais « on n’a pas de réponses concrètes, ni concernant le bac pro en trois ans, ni concernant les suppressions de postes », expliquait Alix Nicolet, présidente de la FIDL, à l’issue de l’entretien. « On n’a pas parlé en termes de chiffres », déplorait-elle, donnant une réponse par anticipation à l’UNL, qui disait attendre de sa rencontre « des résultats clairs » et des « signes d’ouverture ». « Les lycéens ont su faire preuve de responsabilité », selon le président du premier syndicat lycéen, Florian Lecoultre. « L’UNL attend que le ministre fasse de même. »

inquiétudes légitimes

Le dialogue de sourds avec les lycéens était inévitable : le ministère avait décidé que l’ordre du jour de la rencontre serait « la réforme des lycées » quand les élèves voulaient parler des moyens. Plus de doute : l’incompréhension est organisée par le gouvernement, comme les déclarations de Xavier Darcos, hier matin, le laissaient présager. Invité de Canal plus, il estimait devoir parler des questions « statutaires » des suppressions de postes « avec des gens dont c’est la responsabilité », pointant du doigt les syndicats de professeurs. « Où sont-ils passés ceux-là, pourquoi est-ce que je me retrouve aujourd’hui confronté directement à un dialogue avec les jeunes ? » Une manière à la fois de décrédibiliser les lycéens, que leurs inquiétudes légitimes ne suffiraient pas à transformer en interlocuteurs valables et les syndicats qui devraient selon lui « arrêter de pousser les lycéens devant eux ».

Colère du SNES, qui dénonce une « véritable provocation » : le syndicat demande « avec insistance une rencontre urgente » avec le ministre « depuis le mois de janvier ». Le 2 avril, pour recevoir avant toutes les autres formations l’UNI lycées, Xavier Darcos n’a pas hésité aussi longtemps. Il est vrai qu’avec la branche (ultraminoritaire) lycéenne d’un syndicat étudiant courroie de transmission de l’UMP, qui estime caricaturalement que « les réponses aux problèmes des lycéens doivent être qualitatives et non quantitatives », il n’y a pas autant d’incompréhension.

Grégory Marin

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Tag(s) : #Education
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