L’invité de la semaine
Faride Hamana,Président de la FCPE.
Les lycéens, les parents d’élèves et les enseignants protestent contre la suppression des 11 800 postes au niveau national, sans corrélation avec la baisse démographique constatée. Ces réductions vont se traduire par des effectifs par classe plus importants (35 élèves minimum), et par des classes sans professeur à la rentrée. Elles vont aussi s’accompagner d’une diminution des options proposées aux élèves, alors qu’elles participent fortement à leur motivation entraînant un recours massif et dans l’urgence à des personnels d’appoint.
Mais le pire est à venir ! Cette aggravation des conditions de la rentrée scolaire 2008, contre laquelle nous devons nous mobiliser, ne doit pas occulter les perspectives budgétaires 2009 avec l’éventualité de la suppression de près de 30 000 postes !
C’est une logique comptable et technocratique qui fait fi de l’avenir et des besoins d’éducation et de formation. La logique libérale s’exerce dans sa pleine crudité. Le retrait massif de l’État et la réorganisation des services publics déconcentrés pèsent lourdement sur les collectivités locales qui doivent assumer désormais la charge des services publics.
Les réformes annoncées dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP) sont lourdes de conséquences pour le service public. La purge budgétaire annoncée en fait un système éducatif à plusieurs vitesses, mettant en concurrence les établissements et instaurant une compétition inutile entre les enfants. La réforme du lycée et du baccalauréat, sous couvert de pédagogie, est surtout mue par la volonté de supprimer des postes donc des heures d’enseignement. Dans le primaire, avec le dérèglement du temps scolaire obligatoire et l’externalisation des missions de soutien scolaire, on assiste à un véritable démantèlement du service public ayant pour conséquences l’aggravation des inégalités territoriales et sociales.
L’apologie de l’enseignement privé et les détours des aides publiques montrent les choix gouvernementaux fondés sur la privatisation de la fonction publique, sur la concurrence entre établissements et sur un pseudo-libre choix laissé aux parents dont les enfants seront en fait sélectionnés par les chefs d’établissement.
La mobilisation ne fait que commencer. L’enjeu est la défense de tous les services publics qui sont menacés car le modèle social et républicain est en danger.
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