Tribune libre - Article paru le 8 avril 2008 dans l'Humanité
L’invité de la semaine
Faride Hamana
Président de la FCPE
Bien que le ministre de l’Éducation nationale se félicite de la mise en place de l’aide individualisée et des stages de rattrapage pendant les vacances scolaires nous assistons en fait à un véritable démantèlement de l’organisation de la scolarisation obligatoire.
Ce soutien réservé aux enfants en difficulté de CM1 et CM2, désignés par les enseignants, est facultatif. Organisé hors du temps scolaire, il repose sur l’approbation des parents.
Les enfants concernés par les stages de rattrapage risquent non seulement d’être stigmatisés car désignés comme étant des enfants en grande difficulté scolaire mais de plus ne pourront pas bénéficier du même temps de repos et de jeu que les autres enfants. Ce stage risque vite d’apparaître comme une punition.
Le soutien scolaire doit avant tout être intégré dans le temps scolaire obligatoire des enfants et réalisé par l’intermédiaire des enseignants et des équipes spécialisées des RASED qui sont par ailleurs menacés de disparition.
Il est essentiel que le soutien individualisé soit réalisé tout au long de l’année, dès le repérage des difficultés, qu’elles soient structurelles ou ponctuelles et non pas pendant les vacances de printemps soit deux mois et demi avant la fin de l’année scolaire ! Comment faire croire aux enfants et aux parents qu’en quinze heures les difficultés de l’enfant vont disparaître par enchantement.
La FCPE s’étonne de l’organisation précipitée du dispositif et dénonce sa mise en oeuvre improvisée.
Les municipalités ont été prévenues tardivement pour la mise à disposition des locaux. Rien n’a été prévu : ni le financement des fournitures et des outils pédagogiques, ni l’accueil des enfants, ni la restauration, ni les transports.
Le gouvernement porte une nouvelle fois atteinte au principe de laïcité.
Alors que le ministre de l’Éducation nationale prône l’économie de moyens, il fait un cadeau à l’enseignement privé, en finançant ces stages qui pourtant n’entrent pas sur le temps scolaire obligatoire.
La FCPE dénonce l’absence de concertation et demande qu’un bilan soit réalisé et rendu public à l’issue cette « expérience ».
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