« Rien pour éviter la crise économique qui se profile »
« Notre pays ne va plus être capable de produire lui-même l’acier dont il a besoin. Il faut pour la France une politique industrielle. » C’est peu de dire que Marie-George Buffet n’est pas convaincue par les initiatives et les engagements du président de la République en la matière, en particulier concernant le cas précis de l’aciérie de Gandrange. « Je crains, pour les salariés d’ArcelorMittal, la perte de leurs emplois et, pour la France, la perte d’une industrie de production d’acier », confiait-elle, hier, lors d’un point de presse (1). Soulignant le dynamisme de ce secteur porté par une demande mondiale en pleine expansion et mettant l’accent sur les énormes profits dégagés par Arcelor Mittal, elle juge que le groupe sidérurgique « a tous les moyens de maintenir la production dans notre pays mais aussi d’assurer aux salariés non seulement l’emploi mais des salaires dignes de leur profession ». Selon elle, s’il est dans le rôle de l’État de « mettre des moyens pour développer la recherche et la formation », ArcelorMittal doit aujourd’hui « mettre de sa poche » et c’est dans ce sens, insiste-t-elle, que le chef de l’État devrait exercer des pressions.
Le jugement de la responsable du PCF n’est pas moins sévère lorsqu’il est question des mesures présentées vendredi par Nicolas Sarkozy pour réformer l’État. Elle en pointe deux principalement dont elle critique les effets particulièrement néfastes. Tout d’abord les suppressions de postes de fonctionnaires et notamment d’enseignants. Pour Marie-George Buffet, alors que nous sommes dans une société où, à travers la connaissance, c’est la liberté, l’autonomie de chacun qui est en jeu, « diminuer les moyens de l’éducation nationale est extrêmement grave ». Et, souligne-t-elle, « c’est dans les zones qui connaissent le plus de difficultés que les suppressions de postes sont les plus nombreuses ».
Ensuite elle dénonce les mesures concernant le logement. « Le choix que propose Nicolas Sarkozy c’est soit les agences immobilières, soit le bidonville », s’indigne-t-elle en estimant que le seul objectif des dispositions annoncées est de « faire en sorte que la liste des demandeurs de logement diminue ».
Au total, Marie-George Buffet ne relève dans les déclarations de Nicolas Sarkozy « aucune mesure pour sortir de la crise financière et pour éviter la crise économique qui se profile ».
Jacqueline Sellem
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