tribune libre
L’invité de la semaine Faride Hamana, Président de la FCPE
Les propos du ministre sur les nouveaux programmes du primaire ont tout pour séduire l’opinion : allégement des horaires, concentration des apprentissages sur les fondamentaux (français et maths), ajout d’une heure de sport par semaine et renforcement de l’instruction civique.
Ces nouveaux programmes sont censés élever le niveau de performances de nos enfants et réduire le taux d’échec par 3. Or, leur dangerosité se révèle après un examen des contenus et des méthodes qui sont induites. Concernant ces fameux fondamentaux, l’illusion domine. En réalité, à part les horaires, rien n’a été allégé et le niveau d’exigence est inadapté.
Ces nouveaux programmes font fi de l’expérience des chercheurs et des professionnels, qui estiment que ces notions demandent une grande maturité et une capacité d’abstraction pour être acquises. Au final, il y aura davantage d’enfants en difficulté, car ils auront ingurgité, le plus souvent par des exercices répétitifs et mécaniques, des connaissances dont le sens leur échappera. Il y aura des enfants mis sous pression par des méthodes pédagogiques d’un autre temps.
C’est l’inverse des objectifs annoncés.
La FCPE a dénoncé cette approche réactionnaire et autoritaire des programmes qui se traduit notamment dans le choix d’une morale rétrograde et inquiétante.
Quant à la démarche, on ne peut que la réprouver. Après l’annonce de la suppression des heures de classe et la refonte des programmes, c’est dans le plus grand secret que le ministère élabore et impose sa copie. La concertation avec les enseignants et le grand public va tourner à la mascarade médiatique comme d’habitude.
Autre remarque : pas de grille horaire proposée alors que l’on réduit de deux heures l’enseignement hebdomadaire. C’est l’organisation du zapping, un appauvrissement intellectuel, mais surtout ces programmes préfigurent une école fondamentalement ennuyeuse.
En fait, c’est du « gavage » : l’enfant est conçu comme un être spongieux à qui il suffirait d’écouter et d’apprendre par coeur pour acquérir des connaissances et en maîtriser le sens. Voilà pourquoi ces programmes sont dangereux et à remanier en profondeur. En l’état, il faut les combattre dans l’intérêt des enfants !
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