Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il allait proposer au Parlement des mesures importantes sur le logement. Selon lui, « la part des ménages français pouvant prétendre à un HLM est de 70 % ». « Heureusement que c’est une priorité ! » ironise-t-il. Le président de la République avance qu’on est passé de 60 % à 70 % en dix ans. « Nous nous sommes engagés à loger les ménages les plus en difficulté, affirme-t-il. Nous allons corriger cet effet pour éviter d’allonger inutilement la file d’attente des logements sociaux. » Il annonce de surcroît que ceux qui dépassent le plafond de ressources paieront « un loyer plus élevé que les autres ». « On l’a fait à dose homéopathique, maintenant, on va vraiment le faire », prévient-il. Ainsi, la seule annonce du président de la République concernant le pouvoir d’achat consiste à augmenter brutalement le loyer de milliers de ménages ou à les chasser de leur logement HLM pour les obliger à se loger dans le privé.
Cette politique aboutirait également à renforcer la « ghettoïsation » des cités. Il confirme d’ailleurs qu’il s’agit pour lui d’un véritable choix. « Doit-on accepter sans réagir que certains organismes HLM aient beaucoup de moyens et pas de besoins parce qu’ils opèrent dans une zone où il n’y a pas de problème de logement ? » se demande-t-il. Une telle interrogation laisse perplexe. Estime-t-il qu’il y a des territoires qui doivent accueillir des logements sociaux et d’autres qui doivent en être exemptés ? On comprendrait alors mieux la situation intolérable de sa ville de Neuilly-sur-Seine avec ces 3 % de logements sociaux. Et l’on peut se demander ce qu’il adviendra de la loi SRU obligeant les villes à offrir au minimum un parc de 20 % de logements sociaux sur leurs territoires, si Nicolas Sarkozy pousse sa logique jusqu’au bout.
Olivier Mayer
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