L’Humanité des débats
Femmes : comment en finir avec les inégalités au travail ?
En un demi-siècle, les femmes sont massivement entrées sur le marché du travail. Au point que, selon les dernières statistiques de l’INSEE, 85,6 % d’entre elles, de vingt-cinq à quarante-neuf ans, sont actives. Des chiffres qui traduisent un changement de comportement et de perspective. Rester au foyer est de moins en moins souvent - quasiment plus du tout aujourd’hui - un objectif pour elles. Cette mutation sociale est « presque une révolution », estimait dans ces colonnes la sociologue Margaret Maruani (1). Une révolution que les femmes continuent à payer cher : salaires inférieurs à qualification égale, « plafond de verre » bloquant l’accès aux responsabilités, métiers dits « féminins » dévalués, insuffisance des modes de garde des enfants, double journée de travail et, depuis les années 1980, développement des emplois à temps partiel et salaire partiel qui condamnent un grand nombre d’entre elles à la pauvreté. Quant aux lois sur l’égalité professionnelle qui se sont multipliées jusqu’à l’accord national interprofessionnel du 1er mars 2004, elles ne comportent pas de clause contraignante. Leur effet reste donc très limité.
Mais ce changement de comportement explique peut-être que des secteurs très féminisés, jusqu’à présent à l’écart des mouvements sociaux, fassent irruption dans l’actualité des luttes. La « révolte des caissières », titraient plusieurs journaux lors de la grève de l’hypermarché Carrefour de Marseille.
C’est dans ce cadre, pour dénoncer la précarité imposée à de nombreuses femmes et « lancer une réflexion sur les moyens et les outils nécessaires pour changer cette situation » que le Collectif national pour les droits des femmes organisait, le 16 février à Paris, un forum-débat. Il a donné lieu à de nombreuses contributions, dont les textes qui suivent offrent un écho.
(1) l’Humanité du 25 janvier 2008.
Jacqueline Sellem
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