Les loyers toujours à la hausse mais moins forte
« Le temps des hausses rapides de loyers paraît maintenant terminé », estime Michel Mouillart, professeur d’économie à Paris-X Nanterre et concepteur de l’observatoire des loyers CLAMEUR (Connaître les loyers et analyser les marchés sur les espaces urbains et ruraux). En 2007, les loyers de marché, c’est-à-dire les loyers des logements mis en location et ceux des logements reloués suite à la fin ou à l’interruption d’un bail, ont augmenté de 2,6 %, contre 3,4 % en 2006. Si ce chiffre reste élevé, alors que les ménages, particulièrement les plus modestes, ont de plus en plus de difficultés à boucler leurs fins de mois, il est sans commune mesure avec ceux des années précédentes. Hormis 2003, année où la hausse s’établissait à 2,1 %, l’indice des loyers de marché a connu depuis 2002 des sommets : + 6,8 % en 2002, + 5,8 % en 2004 ou encore + 5,1 % en 2005. Si une baisse n’est pas encore d’actualité, le ralentissement de la hausse, avéré depuis quatre ans, devrait se confirmer en 2008.
la dégradation
du pouvoir d’achat
Selon Michel Mouillart, les loyers de marché devraient gagner 2 % cette année, soit un chiffre proche de l’inflation. Ce ralentissement coïncide avec celui de la mobilité résidentielle des ménages, qui est à l’un de ses plus bas niveaux (29,3 %) depuis 2001. Cette baisse aurait, selon l’auteur de l’étude, plusieurs raisons. Outre la baisse du moral des ménages, sont pointées la dégradation du pouvoir d’achat et l’absence d’actualisation suffisante des barèmes des aides au logement. En 1999 et 2000, rappelle Michel Mouillart, la forte mobilité des ménages était concomitante d’une baisse du chômage, d’une forte actualisation des aides au logement, ainsi que d’une hausse du pouvoir d’achat.
L’Île-de-France reste en 2007 la région la plus chère à 17,20 euros/m2, et le cinquième arrondissement parisien apparaît comme le secteur le plus onéreux de France (26,70 euros/m2, + 8,6 % par rapport à 2006). La Franche-Comté est en revanche la région la moins chère à 6,80 euros/m2. Au-dessus de 10 euros/m2, plusieurs régions se distinguent comme PACA (12 euros/m2 ; + 0,5 % par rapport à 2006), la Basse-Normandie, le - Poitou-Charentes, la Basse-Normandie, l’Aquitaine, l’Alsace, le Nord-Pas-de— Calais, et le Languedoc-Roussillon.
Les propriétaires-bailleurs ont dû « largement tenir compte » de cette tendance au ralentissement pour « relouer plus facilement leurs biens », estime l’auteur de l’étude qui signale que « les délais moyens de remise en location se sont allongés depuis 2004 ». Par ailleurs, « les portefeuilles de biens disponibles à la location ont enflé, les taux de révision sur propositions de loyer ont augmenté et les exigences des candidats à la location sont plus grandes aujourd’hui que par le passé ».
Cet observatoire, qui totalise en 2007 près de 140 000 références de loyers de logements loués, représente 8,3 % du marché français. Chaque année, ce sont près de 30 % du parc locatif privé qui changent de locataire, soit quelque 1,7 million de ménages. - CLAMEUR apparaît donc « comme l’outil le plus fiable » pour connaître la réalité des niveaux de loyers sur près de 900 villes de plus de 12 500 habitants, estime Serges Ivars, président de la CNAB (Confé- dération nationale des administrateurs de biens) et du conseil d’administration de CLAMEUR.
Cyrille Poy
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