tribune libre
À quand la rupture avec les dictatures ?
Par la plate-forme Dette et Développement (*)
Durant sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy a promis que la France ne soutiendrait « ni les dictatures ni les pays dirigés par des régimes corrompus ». Depuis son arrivée au pouvoir, le président de la République entretient des liens étroits avec des dictateurs notoires, comme Denis Sassou Nguesso (RDC), Omar Bongo (Gabon), Idriss Déby (Tchad) ou Mouammar Kadhafi (Libye).
La France dans laquelle nous nous reconnaissons est celle des droits de l’homme. Les relations entretenues par notre pays avec ces régimes nous font honte. Il est plus que temps de rompre avec ces pratiques et ces « réseaux d’un autre temps » (discours de Nicolas Sarkozy à Cotonou, Benin, 19 mai 2006), comme s’y est engagé le chef de l’État. Pour preuve de cette rupture, nous attendons en particulier deux signes forts du président de la République à l’occasion de son second séjour en Afrique :
- La saisie des biens et avoirs détournés par des dictateurs et situés sur le sol français. La France s’y est engagée en ratifiant, en 2005, la convention des Nations unies contre la corruption, qui prévoit le rapatriement des biens mal acquis.
- L’annulation par la France des « dettes odieuses » :
il est anormal que les populations remboursent des emprunts contractés par les dictateurs qui les ont opprimées. L’annulation doit bénéficier à la population, grâce à un contrôle citoyen des fonds.
Les Français attendent la rupture annoncée avec les dictateurs. Nous demandons au chef de l’État de tenir ses engagements.
Les associations et syndicats membres de la plate-forme Dette et Développement (*) lancent une campagne d’interpellation afin d’obtenir des mesures concrètes pour tourner la page du soutien français aux dictateurs et de susciter un débat public sur le sujet (ci-après les personnalités et institutions ayant déjà pris position : www.detteodieuse.org/lls-ont-dit.php).
Elles proposent aux citoyens d’interpeller le chef de l’État et les parlementaires au moyen d’une pétition en ligne sur www.detteodieuse.org.
AITEC (Association internationale des techniciens, experts et chercheurs), ATTAC France, CADTM France (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde), CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement), CFDT (Confédération française et démocratique du travail), CGT (Confédération générale du travail), CRID (Centre de recherche et d’information pour le développement), CSM (Conférence des supérieures majeures), DCC (Délégation catholique pour la coopération), Justice et Paix, Réseau Foi et Justice Afrique-Europe, Oxfam France, Agir ici, Secours catholique, Caritas France, SEL (Service d’entraide et de liaison), Service protestant de mission, DEFAP, Survie, Vision du monde. Soutiens : Amis de la Terre, ASPAL (Association de solidarité avec les peuples d’Amérique latine), ATD Quart-Monde, CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens), France Libertés (Fondation Danielle Mitterrand), MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié des peuples), RENAPAS (Rencontre nationale avec le peuple d’Afrique du Sud), RITIMO, Secrétariat général de l’enseignement catholique, Terre des hommes.
(*) Signataires :
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