Monde
L’urgence pour Betancourt
Colombie . La Franco-Colombienne a été enlevée
il y a exactement six ans. Journée de solidarité aujourd’hui
à Paris. Quatre nouveaux otages bientôt libérés.
Ingrid Betancourt, enlevée par les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) le 23 février 2002 entame ce samedi sa septième année de captivité dans la jungle colombienne. Toute cette semaine, son comité de soutien a accru sa mobilisation dont le point d’orgue, ce samedi, sera la formation d’une chaîne humaine de l’Hôtel de Ville à Notre-Dame de Paris afin de rompre l’indifférence qui « pèse plus que la chaînes ».
C’est en tentant de se rendre à San Vicente del Caguan, au coeur de l’ancienne zone démilitarisée contrôlée par les FARC, qu’Ingrid Betancourt, candidate à la présidentielle et sa colistière Clara Rojas avaient été kidnappées. Et ce n’est pas très loin de ce lieu que Clara Rojas a été libérée en janvier dernier. Depuis plusieurs mois, l’armée a accentué sa pression et réinvestit systématiquement la jungle pour tenter de libérer par la force les otages. Au risque de mettre leur vie en danger comme le craignent de nombreux proches à commencer par la mère d’Ingrid Betancourt pour qui une opération militaire « serait un crime ».
Jeudi, les militaires auraient localisé un camp de la guérilla dans le sud du pays où se trouveraient des otages pouvant être libérés prochainement. Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, aurait demandé que cette nouvelle vague de libérations unilatérales décidées par les FARC le 2 février dernier soit « activée », l’un des prisonniers étant malade. Trois ex-parlementaires colombiens, Gloria Polanco, Orlando Beltran et Luis Eladio Perez seraient ainsi concernés et devraient être remis au président vénézuélien, Hugo Chavez.
Mercredi lors de la visite au Venezuela du chef de la diplomatie française, Chavez avait annoncé qu’un quatrième otage serait aussi libéré. Bernard Kouchner a précisé que ce quatrième otage pourrait être l’ancien sénateur colombien, Jorge Eduardo Gechem, enlevé quelques jours avant Ingrid Betancourt. L’un des membres de la famille Perez a indiqué que l’opération de sauvetage se produirait « d’ici mardi ».
Il s’agit, quoiqu’il en soit, d’un nouveau geste de la guérilla, pouvant être interprété comme un appel implicite au dialogue dans le but de parvenir à un accord humanitaire et à l’échange de 43 otages « politiques » contre 500 guérilleros emprisonnés. De son côté, le gouvernement de Bogota ne renonce cependant pas à une opération militaire, comme le président Uribe ne veut pas entendre parler d’une zone démilitarisée autour des communes de Pradera et Florida pour permettre d’entamer les pourparlers et de procéder à l’échange.
Le lendemain de son entretien avec le président vénézuélien, Bernard Kouchner a plaidé à Bogota pour une plus grande internationalisation dans la résolution de la crise pour « permettre d’aller plus loin », dans une démarche associant des pays latino-américains et européens. Mais il n’est pas sûr que le président colombien n’y voit pas autre chose qu’une reconnaissance internationale des FARC dont il ne veut pas entendre parler.
Bernard Duraud
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