France : le difficile accès à l’IVG
Pour le Planning, associé à l’ANCIC (centres d’IVG et contraception) et à la CADAC (associations pour le droit à la contraception et à l’avortement), l’avortement relève, aujourd’hui encore, « moins du droit que de la tolérance » : « Les lois ne sont pas correctement appliquées et les libertés que l’on croyait hier acquises sont de moins en moins reconnues », « les obstacles se multiplient ».
Plus de trente ans après sa légalisation, l’accès à l’IVG reste difficile. Refus de prise en charge, délais importants, invocation de la clause de conscience et diminution du nombre de centres dédiés à l’IVG forcent les femmes à livrer une véritable course contre la montre pour rester dans les délais légaux de douze semaines. Selon une estimation du Planning, entre 3 000 et 5 000 Françaises sont contraintes chaque année d’aller avorter à l’étranger.
La situation est inégale selon les régions : l’Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et les DOM-TOM connaissent les plus grandes difficultés. Au niveau national, une enquête, réalisée entre janvier et avril 2005 pour la Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins, a constaté 47 % de refus de prise en charge (deux fois plus importants dans le privé que dans le public), à l’issue d’un appel téléphonique. Les raisons avancées sont diverses : pas de rendez-vous disponible, absence de prise en charge des IVG de plus de dix semaines, refus car la femme n’habite pas à proximité, clause de conscience. Dans 94 % des établissements, l’IVG est pratiquée en fonction des plages horaires libérées par les autres activités. Lorsqu’une date d’intervention est donnée, elle est fixée, dans 25 % des cas, deux à trois semaines après l’appel. Trop souvent, un passage à l’échographie est exigé avant le premier rendez-vous : un choc psychologique difficile à surmonter.
L’espoir repose sur l’ouverture prochaine de la pratique de l’IVG médicamenteuse aux centres de planification. Espoir encore fragile : en novembre dernier, au Sénat, une offensive était menée contre cette « banalisation » de l’IVG. Le droit à l’IVG est toujours un combat.
D. S.
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