La pauvreté rend les zones sensibles
« Globalement, la situation semble peu évoluer. » Dans son rapport 2007, l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) dresse un bilan mitigé des politiques menées en faveur des quartiers populaires. Chômage, santé, scolarité, logement… Petit zoom sur une fracture sociale toujours d’actualité.
Emploi
Malgré une décrue générale, les chiffres de l’emploi dans les ZUS restent désespérément mauvais. En 2005, le taux de chômage s’y établissait à 22,1 %, soit plus du double du taux national. Environ 450 000 habitants de ZUS recherchaient officiellement un boulot, représentant, à eux seuls, environ 12 % de l’ensemble des demandeurs d’emploi en France.
Les ZUS se distinguent aussi par les types de métier recherchés : les services aux personnes, le secteur des transports ou encore les métiers ouvriers (BTP, mécanique, électricité) sont fortement représentés. Tandis que les métiers plus administratifs ou commerciaux sont plutôt délaissés.
Autre constat : une bonne part des emplois créés dans les ZUS le sont sous forme de contrats aidés. Ainsi, en 2006, 68 000 résidents ont été recrutés par le biais d’un « contrat d’accompagnement dans l’emploi » (CAE), d’un « contrat d’avenir » (CAV) ou d’un « contrat initiative emploi » (CIE). Des bénéficiaires, souligne le rapport, « moins qualifiés que la moyenne nationale et plus nombreux à toucher le RMI avant l’embauche ».
Pauvreté
Si l’on prend, par exemple, l’Île-de-France, où l’on compte pas moins de 150 ZUS, le revenu médian des habitants des quartiers sensibles s’établit à environ 11 000 euros, contre près de 19 000 euros pour l’ensemble de la région. De même, les allocataires du RMI inscrits à l’ANPE représentent 17 % des demandeurs d’emploi en ZUS, contre 11 % dans le reste de la France.
Santé
L’offre médicale et paramédicale dans les ZUS est, en moyenne, deux fois moins importante que celle de leurs communes et de leurs agglomérations. Les habitants des ZUS sont également plus nombreux à déclarer au moins une incapacité. Autre constatation : ces résidents sont plus nombreux à avoir subi au moins une hospitalisation dans l’année précédente, mais ont globalement moins souvent recours à un médecin spécialiste.
Logement
Environ 1,6 million d’habitants sont concernés par le programme de rénovation urbaine. Les opérations engagées fin 2006 concernent 28 500 démolitions pour 19 800 reconstructions, ce qui fait un ratio de 70 reconstructions pour 100 démolitions… Sur le terrain, les tensions se multiplient autour d’un programme de rénovation qui « détruit plus qu’il ne reconstruit ». Bien souvent, la réhabilitation de ces quartiers en ZUS s’accompagne aussi d’une flambée des loyers, qui oblige les populations les plus pauvres à partir. « Une sorte d’épuration sociale », dénoncent certains élus.
Éducation
En 2005-2006, 10 % des collégiens et 8,8 % des lycéens étaient inscrits en ZUS (434 035 élèves). En matière de réussite scolaire, les écarts avec les autres territoires restent importants. En 2006, le taux de réussite au brevet a atteint 66,7 % dans les ZUS, contre 80,4 dans les autres collèges.
Dans l’ensemble, les taux de retard scolaire en sixième (4,9 %) et en troisième (9,4 %) sont près de deux fois supérieurs par rapport au reste du territoire. Malgré une réelle progression, la réussite au baccalauréat reste, elle aussi, inférieure en ZUS (82 %, contre 86 % de moyenne en France). Autre caractéristique : la part des enseignants de ZUS âgés de moins de 30 ans est nettement supérieure à la moyenne nationale (29,9, contre 15,6).
Laurent Mouloud
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