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Politique - Article paru le 16 janvier 2008 dans l'Humanité

Grève des soins non urgents 

Hôpital . L’accord sur le règlement des RTT des médecins hospitaliers ne satisfait pas les grévistes.

Un protocole d’accord sur le règlement des jours de RTT accumulés a été signé hier entre la ministre de la Santé et trois intersyndicats de praticiens hospitaliers - la Coordination médicale hospitalière (CMH), l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH) et le Syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes et biologistes des hôpitaux publics (Snam-HP). Ce texte prévoit le rachat de la moitié des journées stockées sur les comptes épargne temps (CET) au prix de 300 euros par journée. Une négociation qui est loin de satisfaire les principaux intéressés.

« La somme de 300 euros est loin de la valeur actuelle d’une journée d’un médecin hospitalier, qui est plus proche de 420 euros », estime le Dr Pierre Faraggi, président de la Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH), qui a refusé de signer l’accord. « Nous devons donc travailler plus pour gagner moins », ironise-t-il. Et d’insister sur le fait que tous les autres problèmes (la rémunération de la permanence des soins, l’attractivité de la profession, la pénibilité, etc.) n’ont pas été abordés. Qualifiant cet accord de « réponse partielle », la vice-présidente du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs (SNPHAR), Nicole Smolski, dénonce elle aussi l’absence d’avancée sur toutes ces questions.

Pour l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), à l’origine de la grève initiée le 24 décembre dernier, c’est tout simplement « scandaleux ». « Ils viennent d’accepter que les médecins hospitaliers fassent cadeau de la moitié de leur CET. Et qui plus est, que ces jours soient payés 300 euros, soit 150 euros de moins que l’accord négocié en 2002 », s’emporte Patrick Pelloux, le président de l’AMUF.

Et la question du financement est toujours en suspend. « Où Roselyne Bachelot va-t-elle trouver cet argent et comment va-t-elle payer les autres personnels ? », s’interroge l’urgentiste.

La signature de ce protocole d’accord a en tout cas conforté les grévistes dans leur mouvement. Reçus lundi soir au ministère, l’AMUF et le SNPHAR avaient espéré un calendrier de négociation. Mais « aucune proposition concrète » ne leur a été faite. La grève des soins non urgents aura donc bel et bien lieu demain et, comme l’a rappelé Patrick Pelloux, elle sera ponctuée d’actions « innovantes ».

A. C.

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Tag(s) : #Santé
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