Fillon offre les ports au privé
Marseille,
correspondant régional.
Après une virée détendue sur les plateaux de la série Plus belle la vie, François Fillon a montré les dents lors d’une visite de soutien, hier, au maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Dans le collimateur : le statut actuel des ports français. Le premier ministre a annoncé qu’une loi serait proposée à la représentation nationale d’ici quelques mois. « J’ai demandé à Dominique Bussereau de préparer un plan de relance des ports autonomes maritimes français qui devrait pouvoir se concrétiser par des mesures législatives au printemps prochain », a précisé le premier ministre, lors d’un discours à l’hôtel de ville. Il est ensuite entré dans le détail de cette « réforme », menée au nom du « manque de productivité » qui serait « la faiblesse » des ports autonomes.
« Tout d’abord, il est nécessaire de transférer les activités de manutention exercées par les ports à des opérateurs privés », a-t-il déclaré, assurant que « personne ne sera laissé sur le bord de la route par la réforme : j’en prends l’engagement. Nous serons particulièrement attentifs aux situations des personnels des ports ». La privatisation des quais constituera donc l’épine dorsale d’une loi dont les autres aspects ont été abordés sans plus de détails. La gouvernance des ports sera modernisée « en lien avec les collectivités locales et les partenaires sociaux ». Enfin, le chef du gouvernement a annoncé « un ambitieux plan d’investissement » sans évidemment avancer le moindre chiffre. Ce qui ne l’a pas empêché d’assurer que la réforme « permettra la création de 30 000 emplois ». À Marseille, l’État contribue à hauteur de 15 % des investissements totaux sur le Port alors que la loi indique que sa participation devrait atteindre 60 %.
Les modifications législatives concerneront sept des neuf ports autonomes français (Paris et Pointe-à-Pitre faisant l’objet d’une réflexion séparée), au premier chef desquels celui de Marseille, principal port français qui peine dans le trafic de conteneurs, celui qui génère la plus importante plus-value. Et comme le chef du gouvernement est sûr du bien-fondé de ces changements, ils ne seront proposés à l’Assemblée nationale qu’après les élections municipales…
Christophe Deroubaix
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