Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

International - Article paru le 10 janvier 2008 dans l'Humanité

 

Cri d’alarme de la CNUCED

Conjoncture . Dans

son rapport, l’organisme économique de l’ONU évoque un risque

de récession planétaire.

Le brusque ralentissement de l’économie des États-Unis pourrait avoir un impact sur l’ensemble de l’activité et plonger une bonne partie de la planète dans la récession, souligne le rapport annuel de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Les auteurs de ce document estiment qu’un ralentissement marqué aux États-Unis porterait « un rude coup à de nombreux pays pauvres », en ralentissant le commerce mondial et en mettant fin « à la montée en flèche des cours des produits de base dont ils ont bénéficié ces dernières années ».

Dans ce scénario, le Japon et l’Europe occidentale ne seraient pas capables de compenser les effets du ralentissement outre-Atlantique. « L’effet domino d’une récession américaine serait d’anéantir la croissance à l’export des économies chinoise, européenne et japonaise, qui réduiraient à leur tour leur demande de produits en provenance des pays en développement », précise le rapport. Les causes de ce risque d’engrenage récessif sont connues. L’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis et la crise du crédit qui l’a suivi ont déjà un impact sur l’économie réelle. « Combinée à la baisse du dollar et au problème non résolu des vastes déséquilibres mondiaux », cette évolution pourrait s’envenimer, précise la CNUCED, et donc « réduire encore plus la production mondiale ». Pour empêcher que cela ne se produise, l’ONU conseille « des interventions internationales concertées » visant à corriger ces mêmes déséquilibres et à « apaiser les marchés des changes ».

La CNUCED est très sévère avec les Banques centrales des grandes économies dont les interventions, souligne-t-elle, « ne s’attaquent pas aux causes profondes des énormes déséquilibres entre les pays à surplus financier, tels que la Chine, le Japon, les principaux pays producteurs de pétrole, et les pays à déficit financier, les États-Unis en particulier ». Heiner Flassbeck, directeur de la division pour la mondialisation et les stratégies de développement à la CNUCED, s’en est même pris hier directement à la Banque centrale européenne (BCE) qui, dans ce contexte, devrait « faire preuve de responsabilité en réduisant ses taux ».

Prenant le parti d’une politique expansionniste du crédit pour soutenir la croissance - sans évoquer les moyens de réduire la formidable inflation financière, source de la crise -, l’économiste demande à la BCE « d’agir maintenant, sans attendre que tout le monde se rende compte que l’Europe ralentit ». Bruno Odent

Publicité
Tag(s) : #Politique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :