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International - Article paru le 31 décembre 2007 dans l'humanité

 

La pauvreté à l’origine de la « sale guerre »

La concentration des richesses et les inégalités sont les ingrédients du conflit.

Envoyée spéciale.

La Colombie vit une guerre civile, résultat du conflit social, politique et armé qui dure depuis plus de cinquante ans. Malgré l’existence de grandes richesses, 60 % de la population colombienne vit en dessous du seuil de pauvreté, dont 11 millions de personnes en situation de misère totale. L’acquisition de richesses et le développement économique même du pays ont été, et continuent d’être, accompagnés de méthodes violentes.

On considère également que deux millions et demi de paysans colombiens ont été dépossédés de leurs terres et obligés à émigrer dans les villes. Aujourd’hui seulement 0,2 % de la population possède près de 50 % des terres productives. La haute concentration de la propriété foncière et le déplacement forcé sont deux des phénomènes qui poussent notamment le paysan à la culture de la coca.

C’est dans ce fossé, béant, que le conflit colombien prend sa source.

À l’origine, il est un conflit rural, l’immense majorité des paysans étant privés de terres. Les bases sociales tout comme le chef historique des FARC-EP, Manuel Marulanda, le plus vieux guérillero du monde, sont d’origine paysanne.

« L’exclusion sociale et politique ainsi que l’absence d’une démocratie réelle sont une explication mais non une justification, nous avait expliqué il y a quelques mois Jorge Rojas, ex-président colombien de la Consultation pour les droits humains et le déplacement. Cette précarité démocratique se reflète dans un modèle économique exsangue, inéquitable où priment l’inégalité, la concentration des richesses entre feu de paille et dépendance vis-à-vis des intérêts économiques des États-Unis. »

Encore faudrait-il ajouter le bras armé des paramilitaires, la puissance du narcotrafic, la corruption, le gangstérisme et les exactions de l’armée. Selon Jorge Rojas, la Colombie « oscille dans une action pendulaire entre guerre et paix ». Une guerre qui effectivement ne peut se gagner militairement mais politiquement, par la voie du dialogue.

C. Ce.

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Tag(s) : #Monde
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