La Banque du Sud voit le jour
Buenos Aires,
correspondance particulière.
Avant que Cristina Fernandez soit intronisée, hier, présidente d’Argentine en présence des chefs d’État d’Amérique du Sud et de, entre autres, l’héritier du trône d’Espagne, de Dominique Strauss-Kahn (président du FMI) et de François Fillon (chef du gouvernement français), une réunion à Buenos Aires avait marqué la naissance de la Banque du Sud, projet impulsé par le président vénézuélien Hugo Chavez, auquel adhèrent Venezuela, Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Équateur et Bolivie. Dans ces pays, l’ascension de gouvernements de gauche, tournés vers le continent et défendant leur indépendance nationale, aura permis que se concrétise l’initiative.
Seules absences : celles des alliés des États-Unis (Chili, Pérou et Colombie). La Banque du Sud, qui pourrait être l’épine dorsale du Mercosur - traité commercial regroupant cinq des pays précités -, se propose de rapatrier les fonds (estimés à 250 milliards de dollars) placés dans les banques occidentales, souvent par les banques centrales elles-mêmes préférant la sécurité aux soubresauts et aux crises. Cet argent servira à financer des projets publics et privés d’intérêt collectif.
Les pays les plus pauvres pourront bénéficier de prêts préférentiels, se libérant ainsi des diktats du FMI. De plus, afin d’échapper au garrot des règles imposées par cet organisme, la Banque du Sud pourrait cesser, dans ses échanges, de considérer le dollar comme monnaie de référence, et créer à terme une monnaie commune. Chavez, dans le même esprit de coopération, propose de créer un marché continental de l’énergie, dont les recherches seraient financées par des prêts bonifiés. Tous les mandataires se sont félicités de l’avancée du continent vers une unité et une identité propre, dans la voie tracée par les libérateurs. Et tous ont souligné le rôle central joué par l’ex-président argentin Nestor Kirchner.
Gérard Devienne
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