« Quel avenir pour le PC ? Quel PC pour l’avenir ? »
Des questions en foule et quelques fortes convictions. Le débat mercredi soir à Orléans sur le Parti communiste, dans le cadre de la préparation de l’assemblée générale extraordinaire des 8 et 9 décembre, confirme l’opinion qui se dégage des discussions dans les assemblées et les forums. En présence de Marie-George Buffet, 150 militants de toutes générations, mais aussi quelques sympathisants ou « ex » ont apporté leur pierre au débat. Plus qu’un échange, une vingtaine de témoignages, simples et sérieux. Rien de tranchant ou de définitif dans le ton, mais des affirmations nettes. D’abord celles que les communistes n’ont aucune envie de renoncer. Ni à leur combat, ni à leurs exigences, ni à leur parti. « Pour moi le communisme, c’est une histoire, mais c’est surtout un présent », lance Mathieu, un étudiant engagé à fond dans la lutte contre la « réforme » Pécresse. « On a vraiment besoin de communisme pour opposer aux attaques de la droite une autre société », précise-t-il. Même conviction chez une retraitée de Duralex qui demande qu’on « n’abandonne pas le drapeau ». Syndicaliste au tri postal, Emanuelle a mené sa première campagne législative en 2007. « Aucun des 400 salariés ne m’a demandé ce que je foutais avec le PC. » Le Parti communiste est ressenti avec fierté par ses propres militants comme « proche des gens », « toujours là », « dans toutes les luttes ». Et quand Mathieu affirme qu’il ne faut « pas une autre structure », il recueille un assentiment quasi général. Pour autant les critiques sont fortes : « un parti trop électoraliste », « peu de lisibilité », et ces critiques n’épargnent pas la direction. Les dirigeants qui « font campagne pour un autre candidat que celui choisi par les militants », la direction « qui ne parle pas d’une seule voix », « un CN où il n’y a pas de vrais débats ». Des idées contradictoires sont avancées sur les raisons du déclin électoral. Pour l’un, c’est « le résultat de l’union avec le PS. On en a trop rebattu ». Un sympathisant considère que « le PC a du mal à travailler au rassemblement ». Un militant estime que « la candidature de Marie-George a été une erreur ».
Pour la plupart des intervenants, l’affirmation de leur attachement au Parti communiste s’accompagne d’exigences profondes de changement. « Il faut que le Parti communiste évolue, affirme Maurice, adhérent depuis 1948. On ne tient pas suffisamment compte des évolutions de la société. » « Le communisme, oui. Le PCF tel qu’il est ? Je m’interroge », pense Bruno. « Il faut un Parti communiste qui porte une pratique du XXIe siècle », lance un retraité. « Il faut un Parti qui soit ouvert, transparent, qui débatte, qui respecte. Mais aussi un Parti qui renoue avec un fort niveau d’exigences », renchérit Fabrice. Pour un sympathisant postier, « le communisme n’est pas mort ». « Mais il y a beaucoup de questions et peu de temps, ajoute-t-il. Ne tardez pas à envoyer des signaux. » Et le conseiller régional Jacques Reboul le dit d’une formule : « On pose la question : quel avenir pour le PC ? Peut être faudrait-il se demander : quel PC pour l’avenir ? »
Marie-George Buffet fait écho à ces interrogations. Elle invite à réfléchir sur « l’apport du PCF », estime qu’il ne faut pas en rabattre sur le projet. « La mondialisation capitaliste appelle plus de communisme. » Elle réfléchit à un Parti communiste qui « travaillerait de grandes réformes progressistes et réalistes » et appelle à « mieux regarder le monde d’aujourd’hui », « à un immense travail d’invention ». Réfléchissant sur l’échec, elle estime qu’on n’a pas réussi à mettre réellement l’intervention populaire, la liberté et la démocratie au coeur de la démarche communiste. Elle pense qu’il faut « écrire une nouvelle page du communisme » avec « un vrai parti ». « Il faut en revisiter la vie », précise-t-elle. La secrétaire nationale se dit favorable à « un renouvellement de la direction en 2008 » qui permette « un nouveau départ du PCF ». « Le combat communiste est légitime, affirme la secrétaire nationale. Il faut maintenir cette visée sans avoir peur des changements nécessaires. »
Olivier Mayer
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