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Politique - Article paru le 21 novembre 2007 dans l'Humanité

 

Stéphane Tassel : L’université « mérite mieux »

Entretien avec responsable du SNESUP-FSU.

Stéphane Tassel est élu au Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER). Cette instance vient de voter une motion appelant Valérie Pécresse à « apporter des réponses aux inquiétudes » de cette communauté.

Comment jugez-vous la mobilisation de ce mardi, et notamment la conjonction des mobilisations dans le monde de l’éducation ?

Stéphane Tassel. Enseignants, personnels, étudiants se sont retrouvés hier dans les manifestations de la fonction publique. C’est une bonne chose, le fruit d’une convergence logique. Lundi, le

CNESER adoptait une motion de soutien à ce mouvement, signée par le SNESUP-FSU, le SGEN-CFDT, l’UNSA et l’UNEF. C’est aussi le signe d’une large unité syndicale sur ces questions. En tant que représentant des enseignants, nous réclamons d’être reçus à notre tour par la ministre, qui a vu les organisations étudiantes et la conférence des présidents d’université jeudi dernier. Il faut que Valérie Pécresse prenne en compte les inquiétudes de l’ensemble de la communauté universitaire.

Quelles sont ces inquiétudes et en quoi ont-elles été renforcées par la loi sur l’autonomie des universités ?

Stéphane Tassel. La loi Pécresse signifie à terme un désengagement financier de l’État. Et rien dans le budget ne vient atténuer cette crainte. Nous attendons au contraire une marque du réengagement de l’État. La loi, elle, promeut des fondations partenariales, permet des recrutements « hors statut »… Des mesures qui peuvent apparaître techniques mais qui sont fortes de fondement politique. En clair, c’est le service public de l’enseignement qui est attaqué.

La loi a été votée en urgence cet été. Que réclamez-vous aujourd’hui ?

Stéphane Tassel. Cette loi ne répond pas aux besoins du service public de l’enseignement supérieur. On attend donc de pouvoir, enfin, négocier ! Aucune concertation n’a été menée sur ce thème. Or, nous ne souhaitons pas un statu quo : il y a bien une réforme à mener, mais ce n’est pas celle-là. Il faut que le gouvernement prenne la mesure des défis auxquels est confronté l’enseignement supérieur français, qui mérite mieux qu’un texte voté à la va-vite.

Entretien réalisé par Alexandre Fache

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Tag(s) : #Education
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