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Régimes spéciaux de retraite :

Les salariés ont raison de se battre

Cheminots, agents d’EDF, de la RATP, fonctionnaires, vous vous engagez dans une lutte de grande ampleur pour défendre vos régimes de retraite auxquels vous êtes légitimement attachés. Le Parti communiste français est à vos côtés et soutient vos revendications. Dès le 27 octobre, en organisant une manifestation à Paris, il a engagé une riposte à Sarkozy sur le terrain politique.


9 novembre 2007

Désinformation massive

Le pouvoir sarkozyste mène une campagne de désinformation massive pour présenter les régimes spéciaux de retraite comme des privilèges insupporta­bles. C’est une calomnie. Les dispositions plus favorables des principaux régimes spéciaux ont des contreparties : la pénibilité du tra­vail, les horaires décalés et le travail le week-end ; un “taux de remplace­ment” de 10 % plus bas en moyenne que dans le secteur privé car les primes ne sont pas incluses dans le calcul de la retraite, etc.

Pas la moindre trace de privilèges dans ces réalités. Le véritable scandale est que le patronat refuse de tenir compte de la pénibilité du travail dans le secteur privé où existent des situations comparables. Cela fait presque 3 ans qu’il bloque les négociations.

Alignement vers le bas

Le pouvoir dit vouloir rétablir l’équité. Il se moque du monde et méprise le monde du travail. Car l’équité dont il parle, c’est l’alignement vers le bas ! On dégrade d’abord la situation des retraites du régime général, puis on s’attaque ensuite aux régimes spéciaux pour s’attaquer à nouveau à tous les salariés. En fait d’équité, c’est la régression pour tous !

Car l’offensive du gouvernement vise, en réalité, l’ensemble des retraites, celles des régimes spéciaux comme celles du régime général. François Fillon vient de réaffirmer que la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein devrait passer à 41 annuités entre 2009 et 2012. N’oublions pas non plus que Laurence Parisot, la présidente du Medef, réclamait récemment le passage à 42 annuités !

Nul ne doit s’y tromper. Les campagnes de division, d’opposition des salariés du public à ceux du privé ont pour but d’affaiblir tout le monde pour porter des coups à tous. D’ailleurs, qui peut penser qu’en attaquant aux régimes spéciaux, on réglerait le problème global. Les salariés relevant de ces régimes représentent aujourd’hui moins de 5 % de l’ensemble. À qui fera-t-on croire que les mesures les concernant régleront le problème pour les 95 % restants ?

Il y a de l’argent

Ils prétendent alors que la France n’a pas les moyens de financer son système social. C’est un mensonge. Le pays est riche. L’argent coule à flot pour les dividendes des actionnaires, les stock options des grands patrons, la spéculation financière tous azimuts. Mais le pouvoir, au service du capital, met tout en œuvre pour protéger les profits et les grandes fortunes. En matière de retraites, la véritable question est celle de la part des richesses que la collectivité nationale décide de consacrer aux nouveaux besoins nés de l’évolution démographique. Financer la retraite pour tous sur la base de 37,5 annuités de cotisations, aussi bien dans le public que dans le privé, est possible. Cela représente 4 points de PIB jusqu’en 2040. Ils seront largement assurés par le doublement des richesses créées dans le même temps. Mais il y a une condition : il est indispensable s’attaquer aux vrais privilèges, ceux des actionnaires du CAC 40 et des marchés financiers.

Cette attaque massive contre les retraites s’inscrit dans une cohérence plus globale de la politique Sarkozy/Medef qui touche aussi d’autres catégories sociales qui, elles aussi, s’engagent dans les luttes. Pour le pouvoir, il s’agit de tirer drastiquement vers le bas les salaires, les garan­ties sociales et les acquis démocratiques au service de “l’attractivité des capitaux” pour les marchés financiers, de la recherche de la “profitabilité maximale” des entreprises, de l’alignement sur la construction de l’Europe libérale. Il s’agit de faciliter les licenciements, de précariser le CDI, de faire reculer les services publics et les libertés démocratiques fondamentales. Rien n’est épargné.

L’Europe ultralibérale

Dans ce contexte, le projet de traité européen, dont les conséquences sont identiques par leur portée et leur gravité à celles de la défunte “ constitution européenne ” rejetée par notre peuple en mai 2005, constitue une sorte de fil conducteur. Les enjeux sont d’importance. Le peuple doit être à nouveau consulté par référendum.

Les mouvements sociaux qui se développent sont une chance pour le pays et pour le monde du travail dans son ensemble. Sortir notre pays et notre peuple de l’ornière implique en effet d’autres orientations

Vous avez raison de vous battre. Le rassemblement de toutes celles et ceux qui veulent agir pour ne pas se laisser faire et qui veulent faire grandir des solutions de progrès social et démocratique est l’atout majeur pour construire un meilleur avenir.

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Tag(s) : #Politique
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