Quand l’action collective se confronte au droit du travail et à la mondialisation
Normes sociales,
droit du travail
et mondialisation : confrontations et mutations,
par Marie-Ange Moreau, éditions Dalloz, 2006, 462 pages, 40 euros.
L’ouvrage de Marie-Ange Moreau, professeur à l’Institut universitaire européen, intéressera tous ceux qui s’interrogent sur l’impact de la mondialisation sur le droit du travail. On sait en effet combien le phénomène de mondialisation heurte les normes sociales, tant aux niveaux national qu’européen et international. Tandis que la législation apparaît fragilisée et l’État dans sa fonction de régulation et de protection sociale mis en cause, de nouvelles techniques de régulations sociales apparaissent. Dans ce contexte, l’auteur propose une analyse approfondie des liens entre normes sociales, droit du travail et mondialisation afin d’apporter des éléments de réponse à deux questions : où se situent les confrontations entre les droits du travail et la mondialisation ? quelles sont les mutations et vers quelles réponses s’oriente-t-on ? Ainsi, après avoir précisé le rôle respectif des facteurs qui constituent la mondialisation et ses effets sociaux, l’auteur offre une analyse stimulante des confrontations et des mutations à l’oeuvre. L’ouvrage est ardu, mais livre une mine d’informations et des clés de réflexion sur l’évolution des droits du travail dans le monde, et en particulier sur l’évolution stratégique des acteurs - organisations syndicales, société civile… Soulignant la « tourmente » dans laquelle se trouvent les syndicats - leurs formes traditionnelles d’actions, centrées sur le cadre national et dans une temporalité maîtrisée, trouvent leurs limites -, Marie-Ange Moreau observe cependant que les organisations s’adaptent : nouvelles expériences d’alliances et de coopération transnationales, mais aussi participation aux négociations et concertations tripartites qui débouchent sur de nouvelles formes d’action collective. Un des enjeux pour elles est de dépasser la concurrence pour l’emploi entre organisations d’un pays à l’autre. Les syndicats développent leur expertise économique, commencent à penser, sur le modèle des syndicats américains, des campagnes collectives transnationales destinées à peser sur l’image de marque d’une entreprise, ou organisent des manifestations internationales, comme les « euromanifestations » de la Confédération européenne des syndicats.
Jane Duhem
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