dans l'humanité
Inaccessibles HLM
Chargé de l’exploitation des données de l’enquête 2006 sur l’occupation du parc social (1), le CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vies) livre en quatre pages une analyse de la situation dans laquelle il interroge l’efficacité même du système du logement social.
Intitulée « Logement social : une porte de plus en plus difficile à ouvrir », l’étude s’arrête logiquement sur la part de ménages vivant depuis moins de trois ans dans un logement social qui est passée, depuis 2000, de 33 % à 28 % des occupants du parc. Selon l’auteur de l’analyse, les facteurs qui « freinent l’accès au parc social » sont divers, en particulier l’augmentation du nombre de personnes vivant seules, la multiplication des séparations et, « de manière plus conjoncturelle », la flambée des prix de l’immobilier depuis 2000 qui a « dissuadé des ménages d’accéder à la propriété et de quitter le secteur locatif social ».
LES TENDANCES DE L’étude credoc
Ces nouveaux locataires, plus jeunes (29,5 % ont moins de trente ans, contre 11,5 % dans l’ensemble), relève le CREDOC, « sont pourtant dans la cible du logement social ». Alors que dans l’ensemble du parc, 66,2 % des occupants ont des ressources inférieures à 60 % des plafonds de ressources HLM, les nouveaux entrants sont 71,5 % dans ce cas. Autre conséquence de la baisse du nombre de ménages intégrant le parc social, le vieillissement des habitants qui « pose la question du rôle du parc social vis-à-vis des jeunes ».
Parallèlement, les familles monoparentales, qui ont un « accès plus aisé au parc social », continuent d’augmenter. Évaluées à 15,3 % du nombre de ménages en 1997, elles seraient aujourd’hui 18,7 % (2006), et même 21,6 % parmi les emménagés récents. Une progression qui, selon le CREDOC, se fait « au détriment des couples », en particulier ceux avec enfants, qui sont moins nombreux qu’auparavant (26,5 % en 2006, contre 31,6 % en 1997).
L’autre grand enseignement de l’étude concerne les revenus des ménages. « Le ralentissement du renouvellement du parc social aurait pu entraîner un enrichissement de ses occupants », estime l’auteur de l’étude qui évoque deux raisons : d’une part, les nouveaux entrants ont les revenus les plus faibles ; d’autre part, le niveau de vie des ménages a tendance à s’améliorer. Or, c’est la tendance inverse qui s’affirme d’année en année (lire dessous).
le sud accueille Les ménages défavorisés
Géographiquement, c’est le sud du pays qui accueille la plus grande part des ménages très défavorisés (revenus inférieurs à 60 % du plafond de ressources), plus précisément, le Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et la Corse. La région Pays de la Loire fait son entrée parmi le groupe de régions ayant des taux de ménages très défavorisés élevés. Toutefois, l’étude relève que ces écarts s’expliquent « en grande partie par l’offre locale : lorsque celle-ci est faible, elle se concentre sur les plus démunis », et inversement.
(1) Également appelée OPS, cette enquête, réalisée tous les trois ans par les organismes depuis 1997 en vertu d’une obligation légale (loi du 4 mars 1996 relative au supplément de loyer de solidarité), permet de recueillir une masse d’informations sur les occupants du parc social.
Cyrille Poy
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