l’Humanité des débats. Mondialisation
Des alternatives à la mondialisation capitaliste ?
Ouvert depuis mercredi soir, le 5e Congrès Marx international se poursuit toute la journée à l’université de Paris-X Nanterre (*).
La vingtaine d’ateliers qui se déroulent aujourd’hui suffiraient à prouver au visiteur, s’il en était besoin, la richesse des questionnements et des confrontations d’idées auxquels aura donné lieu cette rencontre de chercheurs, s’inscrivant, selon la formule du philosophe
Jacques Bidet, dans une « lignée radicale dont Karl Marx reste l’une des figures emblématiques ». En dépit de la variété des approches, de l’importance inégale des sujets de contributions et de leurs enjeux, selon qu’on se situe dans l’analyse immédiate ou dans la distanciation temporelle, un fil rouge aura parcouru ces trois jours. Il est reconnaissable dans les quelques contributions que nous publions ici, qui naturellement sont très loin d’épuiser les débats. Un constat d’abord : le capitalisme financiarisé déploie une dynamique d’asservissement et de violence qui atteint ses limites mondiales. Il précipite la planète vers la catastrophe écologique. Le mouvement altermondialiste a fait surgir une logique des solidarités qui donne à l’internationalisme un nouveau visage.
Il a mis en avant ce mot d’ordre devenu universel : « Un autre monde est possible. » Une certitude, on ne constituera pas un monde authentiquement humain si on ne met pas fin au régime politique qui domine actuellement la planète.
Mais une interrogation essentielle, redoutable, parcourt ces réflexions : comment changer le monde dans le capitalisme ? Et pour quel autre monde non capitaliste ? De multiples composantes travaillent à en définir les conditions économiques, politiques, culturelles et sociales. Ce qui émerge d’une cosmopolitique de citoyens est-il capable d’en ébaucher les formes et les couleurs ? Il ne s’agit pas ici « de faire bouillir les marmites de l’avenir », mais d’accueillir peut-être cette question simple et majeure que formulait l’économiste Samir Amin : l’altermondialisme peut-il être efficace s’il ne s’inscrit pas dans une perspective socialiste et mondiale ? Il faut le reconnaître, les mouvements sont encore faibles, peu à même de transformer les rapports sociaux. C’est pourquoi construire la convergence suppose d’ouvrir des espaces non pas seulement à la discussion ou à des analyses, mais peut-être à la définition plus exigeante et plus solidaire d’objectifs de luttes.
(*) Bâtiment L, de 9 heures à 17 heures. Station du RER A
Nanterre-Université.
Lucien Degoy
A lire également :
- La contribution irremplaçable des forums sociaux
- Pour un travail de reconstruction d’une gauche populaire
- L’enrôlement des femmes dans la marchandisation libérale
- La construction d’une société de démocratie sans fin
- Des processus de politisation et de radicalisation
- L’évolution globale et le mouvement altermondialiste
- Faire de l’énergie un bien commun
/image%2F0551212%2F20170620%2Fob_74cedc_bandeau-pcf.jpg)