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Politique - Article paru le 29 septembre 2007

l’Humanité des débats. Régimes spéciaux.

« Notre régime ne coûterien à la collectivité »

Par Claude Pomery, responsable du secteur revendicatif de la CGT énergie.

Comment réagissez-vous aux discours qui désignent les bénéficiaires de régimes spéciaux comme des privilégiés ?

Claude Pomery. Ce discours vise à diviser les salariés sur la question des retraites. Le gouvernement veut liquider les régimes spéciaux pour pouvoir imposer aux salariés du régime général de nouvelles régressions en 2008. Nous estimons que, concernant la question du financement, le dossier des retraites doit être examiné dans sa globalité. Si le gouvernement veut comparer les différents régimes, alors qu’il mette tout sur la table. On ne peut pas se limiter à mettre en avant les différences dans l’âge de départ à la retraite ou la durée de cotisation. Sur ce dernier point, il faut d’ailleurs savoir que la plupart des salariés des industries électriques et gazières (IEG) cotisent pour la plupart entre trente-trois et trente-six ans. Ce qui correspond sensiblement à la durée de cotisation des salariés affiliés au régime général. Si l’on veut comparer sérieusement les différents régimes, alors il faut s’intéresser aux contraintes de services publics et à la pénibilité, au calcul de la pension, aux droits familiaux, etc. Dès lors, si l’on prend tous ces éléments en compte, il est fallacieux de parler d’inégalité ou d’iniquité. Le régime des électriciens et gaziers a été structuré en fonction des contraintes des professions concernées.

Quelles sont les contraintes de services publics dont vous parlez ?

Claude Pomery. Les salariés ont pour mission d’assurer la continuité d’approvisionnement en gaz et en électricité de la population et des entreprises. Et cela 365 jours par an, 7 jours sur 7, et 24 heures sur 24. Cette obligation impose un certain nombre de contraintes comme le travail de nuit, les horaires décalés, les trois-huit ou les astreintes.

Le gouvernement remet en cause la pénibilité de vos professions ?

Claude Pomery. Il est vrai que la pénibilité du travail n’est plus la même qu’il y a soixante ans quand le statut des salariés des IEG a été créé. Elle est sans doute moins physique. Quoique, encore aujourd’hui, certaines professions restent encore exposées à ce type de pénibilité ou à d’autres comme les intempéries. Si la pénibilité physique a sans doute régressé, d’autres sont apparues avec l’émergence de nouveaux métiers. Je pense en particulier aux salariés des plates-formes téléphoniques qui vivent dans un stress permanent et sont soumis à d’importantes pressions à la productivité.

Comment se calcule la pension ?

Claude Pomery. La pension maximale est de 75 % du salaire brut. C’est-à-dire du salaire sans les primes qui représentent entre 5 % et 30 % du traitement global. Pour atteindre ces 75 %, il faut cotiser 37,5 annuités. La pension est équivalente au nombre d’années de cotisation multiplié par 2 %. En 2006, le taux de remplacement moyen était de 66 %.

Votre régime connaît-il des problèmes de financement ?

Claude Pomery. Notre régime est adossé au régime général. Les droits supplémentaires par rapport au régime général sont financés par les entreprises du secteur. Notre - régime est excédentaire et ne coûte rien aux autres salariés. En 2005, 134 millions d’euros ont même été versés pour contribuer à la compensation des autres régimes.

Qu’êtes-vous prêt à négocier ?

Claude Pomery. Nous ne négocierions pas un allongement de la durée de cotisation. Nous sommes d’accord pour négocier sur la reconnaissance des nouvelles pénibilités. Une négociation que le patronat des IEG refuse d’ailleurs d’engager. Nous souhaitons aussi un certain nombre de changements comme la prise en compte des primes dans le calcul de la pension.

Entretien réalisé par Pierre-Henri Lab

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Tag(s) : #Retraites
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