Rassemblements hier à Paris devant l’ambassade de Birmanie
Les manifestants se sont réunis en face d’une des entrées du parc Monceau, non loin de l’ambassade du Myanmar. Près d’un drapeau à l’effigie du paon, symbole de la démocratie en Birmanie, un représentant français du DPNS, Parti de la démocratie birmane, déclare à l’Humanité : « Nous manifestons pour arrêter le massacre de la junte militaire sur les moines et les manifestants. » L’inquiétude pour le sort du prix Nobel de la paix, l’opposante Aung San Suu Kyi, victorieuse aux élections législatives de 1990, se fait sentir. De nombreuses pancartes brandies par des manifestants réclament sa libération. Le représentant du DPNS précise : « Je garde espoir, la junte militaire ne pourra pas arrêter les manifestants de sitôt. La France doit accroître la pression sur la junte. »
Jacques Fath, responsable des relations internationales du PCF, a pris la parole afin d’exprimer la solidarité des communistes avec le mouvement populaire de Birmanie. « Nous sommes ici pour un rassemblement d’urgence. Il faut se mobiliser pour que la dictature s’en aille et que ceux et celles qui ont gagné lors des élections voient enfin la victoire électorale dont ils ont été privés. »
Et d’ajouter : « Nous appelons à la libération de tous les prisonniers politiques et voulons savoir où se trouve Aung San Suu Kyi. Nous sommes favorables à des sanctions à condition qu’elles touchent la dictature et non le peuple. »
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, qui était présente parmi les manifestants, a fait part de son inquiétude. Elle affirme à l’Humanité la nécessité de la mobilisation : « Il était important d’être là aujourd’hui pour empêcher que ce qui s’est passé en 1988 ne se reproduise et faire en sorte que les manifestations se multiplient. »
Gabriel (18 ans), badge des jeunes communistes attaché à la veste, ajoute : « Je garde espoir pour le retour de la démocratie dans le pays. Il y a cinq morts, c’est déjà trop. J’attends de la France qu’elle fasse pression sur la junte et que certaines entreprises arrêtent de faire du profit avec elle. » À Genève aussi, des dizaines de personnes ont manifesté.
Alexis Andrieux
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