« Une véritable xénophobie d’État »
« Nous sommes indignés par cet amendement. Il s’agit d’une disposition discriminatoire et, à notre avis, xénophobe. Cet amendement impose une recherche de filiation par des tests génétiques alors que les lois bioéthiques l’ont interdite pour les Français, sauf lorsqu’elle est ordonnée par un juge dans un cadre extrêmement précis. À l’époque, le législateur avait estimé, en effet, qu’il était extrêmement grave de réduire une famille à des caractéristiques génétiques. Et l’on aurait pu espérer que M. Sarkozy, instruit par sa propre vie personnelle, s’en soit rendu compte à temps. Malheureusement, il semble que les familles recomposées soient interdites aux Africains… Nous sommes donc extrêmement choqués par ce système à deux vitesses. Les gens qui viennent de loin, qui n’ont pas les mêmes origines et la même couleur de peau n’ont apparemment pas les mêmes droits sur des questions aussi fondamentales que la vie familiale et le respect de la vie privée. Cette biologisation de la famille, ce rejet de l’autre, n’est, par ailleurs, que la pointe d’une évolution qui nous conduit, loi après loi, vers une véritable xénophobie d’État. Cet amendement ne doit pas faire oublier le reste du projet qui veut, entre autres, obliger les gens à parler français avant de pouvoir demander un visa ! Je me demande, là aussi, si les ancêtres de M. Sarkozy, lorsqu’ils ont rejoint notre pays, auraient pu le faire dans ces conditions… Nous sommes en train de perdre des repères fondamentaux. Tout semble bon, désormais, pour empêcher ceux qui le veulent de rejoindre notre pays. On multiplie des barrières de plus en plus insupportables et injustes. Et de cette façon, nous tournons le dos au monde de demain. À force d’aveuglement idéologique, nous enfermons nos vieux pays dans une forteresse qui ignore l’avenir. »
Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l’homme.
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