Pourquoi l’Iran est dans la ligne de mire
Téhéran est aujourd’hui au centre de toutes les attentions. Si la question du nucléaire est posée c’est qu’en réalité ses prétentions régionales inquiètent fortement les principaux alliés des États-Unis, à commencer par l’Arabie saoudite. Or, la déstabilisation de l’Irak et la disparition de Saddam Hussein sont à l’origine de ce vacuum. Rien d’étonnant alors à ce que les frictions se précisent, pas toujours directement. Il y a l’Irak mais il y a aussi le Liban et la Syrie. Le Moyen-Orient est une terre d’affrontement international : à cause de son sous-sol mais aussi de par sa situation géographique, aux portes de la Chine.
L’attitude de l’Iran, qui avait dissimulé un certain nombre de projets dans le domaine nucléaire, est maintenant utilisée pour préparer une nouvelle guerre. Comme en 2002, alors que Washington avait programmé l’intervention en Irak, on parle maintenant d’armes de destruction massive, de bombe atomique, de danger pour la planète. La réalité est d’abord le fait que l’Iran, pays exportateur de pétrole, se doit de diversifier ses sources d’énergie, tant son économie est basée sur la rente pétrolière. Les États-Unis le savent bien. La stratégie suivie aujourd’hui est d’ailleurs, au-delà du fracas guerrier, d’étrangler économiquement l’Iran, comme si cela allait produire une révolte contre les dirigeants.
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a fait savoir qu’il n’avait pas besoin de l’arme nucléaire. Une déclaration qui montre que Téhéran ne minimise pas la menace de guerre mais aussi que la tendance qu’il représente n’est plus aussi majoritaire. Cpourquoi le dialogue est plus que jamais nécessaire.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est un élément essentiel de contrôle. Encore faut-il lui donner les moyens de travailler. Les menaces de guerre ne sont pas des paramètres propres à générer la confiance. Pas plus que le discours à géométrie variable qui permet au Pakistan de détenir l’arme nucléaire, tout comme Israël. Envisager une région dénucléarisée, faire respecter le traité de non-prolifération par l’ensemble des pays signataires (France et États-Unis compris) permettrait d’envisager plus sereinement l’avenir que les menaces répétées maintenant quotidiennement. Comme si la France avait vocation à se faire le porte-parole des intérêts américains.
Il reste que le danger se précise. Selon certaines sources, des frappes militaires ciblées pourraient avoir lieu vers la fin du mois de décembre ou au début de l’année prochaine. En Iran aussi des voix s’élèvent pour éviter la guerre. Des voix qu’il faut entendre avant qu’il ne soit trop tard. Si la guerre devait être menée ce serait un désastre pour le peuple iranien comme pour le peuple français. Parce que les répercussions d’un tel conflit ne seraient pas à nos portes mais directement chez nous.
Pierre Barbancey
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