La maternelle, variable d’ajustement
Elle sera la première à être mise en chantier : le ministre a confirmé qu’il se penchera, « d’ici à quinze jours », sur le fonctionnement de la maternelle. Xavier Darcos a confié au linguiste Alain Bentolila la responsabilité de coordonner le travail d’experts sur le sujet. Le groupe devrait être composé d’inspecteurs généraux, de représentants syndicaux, d’enseignants et de spécialistes de la maternelle.
Le tout devant s’inscrire dans le cadre d’une réflexion plus large sur l’école primaire, dont les performances ont été mises en cause par un rapport du haut conseil de l’éducation (HCE). Fin août, celui-ci rappelait un constat alarmant : 15 % des élèves sortent du CM2 avec de grandes lacunes. « Ne faisons pas porter tout le chapeau au primaire. Ni à l’école, à qui l’on demande ce que la société ne fait pas », estime Xavier Darcos. Lequel souhaite néanmoins attaquer le dossier par le bout de la maternelle.
Le débat la concernant n’est pas neuf. « Il existe une tension entre ceux qui veulent qu’elle prépare à l’entrée au CP et ceux qui estiment qu’elle a une spécificité pédagogique, compte tenu du jeune âge des élèves », notait, la semaine dernière, Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUIPP-FSU.
Spécificité française, elle est, en outre, fréquemment remise en cause par les partisans de la rationalisation budgétaire. « J’ai déjà entendu des politiques me dire que sans la maternelle, les classes du primaire pourraient être moins chargées », raconte ainsi Thierry Chancerel, responsable de la FCPE du Finistère. Le département compte parmi ceux où la scolarisation des moins de 3 ans est la plus élevée. Près de 66 % des enfants, contre une moyenne nationale flirtant avec les 20 %. « Le recteur nous a clairement dit que cela ne pourrait pas durer », poursuit Thierry Chancerel. Qui note qu’en cette rentrée, « 20 classes sont supprimées », empêchant l’inscription d’environ 500 petits. Le grand chantier a déjà démarré.
M.-N. B.
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