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« Le paquet fiscal voté par le Parlement sera difficile à financer »
L’hypothèse de croissance retenue par le gouvernement de 2,25 % pour 2007 vous paraît-elle crédible, au regard du ralentissement économique et de l’impact de la crise boursière ?
Xavier Timbeau. Il n’est pas invraisemblable pour le moment de penser que l’on arrivera aux 2 % sur l’année. La crise boursière est un soubresaut dont les effets sont minimes sur l’économie réelle, sauf en cas de crise prolongée comme en 2001. Reste que le second trimestre n’est pas bon, dans le sens où il n’a pas permis d’engranger des résultats qui permettent à coup sûr de tenir les prévisions pour 2007 et d’assurer de bonnes rentrées fiscales. Cela se répercute sur l’indice de l’emploi. Nous n’avons pas le signe d’un ralentissement brutal et profond de l’économie française, mais on ne constate pas non plus l’accélération de la croissance sur laquelle le gouvernement comptait pour financer son paquet fiscal. Sans cette accélération, il est indéniable que ces mesures seront difficiles à financer.
Ce paquet fiscal voté cet été aura-t-il un effet sur la croissance ?
Xavier Timbeau. Le paquet fiscal correspond à des promesses électorales. Beaucoup d’argent a été dépensé dans la baisse des droits de succession et celle de l’impôt sur la fortune. Ces mesures représentent la moitié du paquet fiscal, sans qu’elles aient un impact direct sur la consommation et l’investissement parce qu’elles n’ont pas d’effet incitatif et concernent les plus riches. Si la croissance s’avère moins forte que prévu, ces marges de manoeuvre budgétaires ne seront plus là pour relancer l’économie française et cibler les catégories qui consomment et les investissements des entreprises.
La situation économique doit-elle conduire le gouvernement à revoir son cap ?
Xavier Timbeau. Si le gouvernement devait reconsidérer les bénéficiaires de ces mesures à la lumière de la conjoncture actuelle, peut-être agirait-il sur d’autres leviers. Mais cela a été voté. Le problème est que le gouvernement a déjà dépensé beaucoup de marges, dont il a d’ailleurs du mal à justifier l’usage auprès de nos partenaires européens. Il a agi dans la précipitation, c’est le corollaire de sa volonté d’« aller vite ». Quant à faire un autre paquet fiscal parce qu’on estime que le précédent était mal ciblé, l’addition risquerait alors d’être lourde.
(1) Xavier Timbeau est directeur du département analyse et prévision à l’Office français des conjonctures économiques (OFCE).
Entretien réalisé par Sébastien Crépel
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