Editorial
mardi 21 août 2007 / "le Patriote"
Il y a quelques mois la poussée des prix de nombreux produits a été « justifiée » par la hausse de l’acier, en situation de pénurie face à la demande mondiale. Les mêmes experts avaient quelques années plus tôt condamné la sidérurgie française, au nom de la concurrence des nouveaux pays industriels et de la « surcapacité » de production mondiale.
Ces jours-ci, pour le blé, le lait et les produits alimentaires qui en sont dérivés, ceux qui se sont acharnés depuis des lustres à imposer des « quotas », des « jachères », sacrifiant de nombreuses exploitations familiales, annoncent une sévère explosion des prix due à une « pénurie » face à la demande.
Hélas pour les installations sidérurgiques fermées, comme pour les exploitations familiales disparues, pour les femmes et les hommes qui en vivaient, les dégâts sont irréparables. On pourrait parler d’incurie, ce serait rester à la surface des choses. C’est bien un système qui est en cause. Un système qui soumet aveuglément toute la société à la défense du taux de profit de la fraction dominante du capital. Avec des crises d’efficacité du système porteuses de toujours plus de dégâts.
Depuis le début de l’été, une crise financière se développe, née de l’immobilier aux USA, et des pratiques de crédits à taux variables attribués à des familles modestes, qui se révèlent une véritable escroquerie dès que le marché se retourne, avec hausse des taux et baisse de la valeur des biens immobiliers en garantie. L’aventure se termine en saisie et vente aux enchères du logement pour déjà plus d’un million d’américains.
Des sociétés de crédits impliquées se retrouvent en quasi faillite, et des fonds spéculatifs à hauts rendements de grandes banques européennes et américaines se retrouvent en difficulté. Elles trouvaient, dans le refinancement de ces crédits usuraires, des rendements à 15% et plus. Rendements que l’économie réelle ne peut pas générer. Leurs difficultés lèvent un coin du voile sur les montagnes de dettes qui nourrissent la financiarisation de la planète (1).
Et, que font les « autorités monétaires », les banques centrales, elles mobilisent en 48H, plus de 210 milliards d’euros. Pour venir au secours des ménages américains modestes qui se retrouvent à la rue ? Vous n’y pensez pas ! Ceux là peuvent crever la bouche ouverte ! 210 milliards d’euros uniquement pour refinancer et soutenir les fonds spéculatifs des grandes banques. Certains pourraient en conclure qu’il faut condamner le « crédit ». Absolument pas ! Bien utilisé, c’est un précieux anticipateur de créations de richesses futures. Il faut l’émanciper d’un système. C’est cela aussi « dépasser le capitalisme ».
Jean-Paul DUPARC (1) les actifs financiers représentent aujourd’hui quelques 116.000 milliards d’euros soit trois fois le PIB de la planète.
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