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Article paru le 16 août 2007 paru dans l'Humanité

événement

Lagarde coupe les aides à l’emploi

budget . Bercy annonce une réduction d’un tiers des contrats aidés, utilisés généralement pour des missions sociales par des associations et organismes publics.

Fonction publique, Sécurité sociale, solidarité, emplois aidés… Au seul énoncé de ces termes, les libéraux « décomplexés » qui nous gouvernent sortent désormais leur flingue, pardon, leurs calculettes, leurs ratios, leurs pourcentages de déficit autorisés. Et ils taillent, coupent, ratiboisent allégrement. Mardi, c’est le secrétaire d’État à la Fonction publique, André Santini, qui proclamait « pas normal » que la fonction publique représente, selon lui, près d’un quart de la population acive. Pourquoi ? En vertu de quel principe ? Allez savoir. En revanche, le but poursuivi par l’auteur de cette saillie est limpide : travailler une opinion jusqu’ici très rétive aux perspectives de coupes claires dans les effectifs fixées par Nicolas Sarkozy. Autre exemple, fin juillet, lors d’une audition devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale, un haut fonctionnaire du ministère de l’Emploi annonce que le gouvernement a décidé de tirer un trait sur un tiers des emplois aidés. Délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle, Jean Gaeremynck indique d’abord qu’une « décélération » du nombre de contrats aidés conclus dans le secteur non marchand au second semestre 2007 a été « décidée » : ils « devront être de 130 000, contre 175 000 au premier semestre ». Et pour 2008, seules 230 000 entrées dans ces dispositifs sont prévues, soit une baisse d’un tiers comparé au total des contrats de 2007. Passée relativement inaperçue, cette décision est lourde de conséquences.

trop étriqués

pour recruter

Ces contrats (contrat d’accompagnement dans l’emploi, contrat d’avenir), à durée limitée (6 mois, 1 an), offrent des possibilités d’embauche à une large gamme de structures publiques, d’associations dont les budgets sont trop étriqués pour leur permettre de recruter de façon pérenne, en CDI. Communes, écoles, maisons de retraite, associations de services et de soins à domicile sont de gros consommateurs de ces dispositifs, qui représentent pour eux de véritables ballons d’oxygène (le salaire des contrats est pris en charge à 75 %, voire 90 % par l’État, et l’employeur est exonéré de cotisations sociales).

En 2002, déjà, aussitôt après son arrivée au pouvoir, la droite avait fait la peau des emplois-jeunes. Avant, quelques années plus tard, dans le cadre du plan Borloo de cohésion sociale, de remettre les contrats aidés au goût du jour, sous d’autres noms. Le nouveau revirement annoncé aujourd’hui ne doit rien au hasard. La politique active de l’emploi paye directement les conséquences des choix budgétaires effectués par l’équipe sarkozyenne. Il manque en effet 1 milliard d’euros dans les caisses de Bercy pour financer la mission Travail et Emploi. Pour les seuls contrats aidés, le déficit s’élève à 300 millions d’euros. Panne de crédits, donc, pour financer des dizaines de milliers d’emplois sur des missions sociales, de solidarité de la plus haute importance. Ce qui n’empêche pas le gouvernement, d’un autre côté, de piocher plus de 13 milliards d’euros dans les fonds publics pour financer son paquet de cadeaux fiscaux à une petite minorité de privilégiés…

« pas la panacée » selon la ministre

« Les contrats aidés dans le secteur non marchand ne sont pas la panacée », argue la ministre de l’Économie, inconditionnelle du marché et de la concurrence. Et d’invoquer la croissance de l’emploi dans le secteur marchand (les derniers chiffres font état d’une hausse des créations de 108 000 au premier trimestre, due pour l’essentiel à l’intérim) pour défendre un « ajustement » du volume des emplois aidés. Petits problèmes : ces postes remplissent, le plus souvent, des missions délaissées par le secteur privé à but lucratif. Quant aux publics bénéficiaires de ces contrats, ce sont ceux qui, soulignent les associations oeuvrant pour la réinsertion des exclus (voir ci-dessous), profitent le moins de l’embellie de l’emploi dans le secteur marchand.

Yves Housson

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Tag(s) : #Société
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