L’eau, une vision locale et globale
Notre touristique région méditerranéenne est soumise chaque année aux restrictions d’eau. Fatalité due à la sécheresse ou conséquences de choix de développement uniquement guidés par les appétits des promoteurs immobiliers qui ne tiennent pas compte des incidences écologiques ?
On pourrait faire le même constat en matière de risques incendies, de traitements des eaux usées ou des déchets ménagers. Les mêmes causes produisent les mêmes effets dévastateurs pour notre environnement. La sur-urbanisation de notre zone côtière entraînant depuis plusieurs décennies une explosion démographique livrée à la spéculation foncière et immobilière, sans que les politiques successives de droite n’aient envisagées l’avenir, nous revient aujourd’hui à la figure. Dans notre département, plus qu’ailleurs probablement, la maîtrise publique a trop souvent abdiqué devant les intérêts particuliers ou privés en matière de permis de construire, de prévention des risques, de gestion de l’eau, etc.
Ce temps est-il révolu ? On aimerait y croire, plus particulièrement depuis l’élaboration de la Directive d’Aménagement du Territoire (DTA) lancée sous les ministères Gayssot-Voynet. Ce document fixe dorénavant les choix de l’Etat et préconise un développement maîtrisé et harmonieux de notre région.
On aimerait encore en être assuré à l’écoute des multiples discours consensuels du président du conseil général Christian Estrosi en faveur d’une nouvelle vision de l’aménagement respectant le développement durable… Encore faut-il que les décisions des grandes villes du littoral, les schémas de cohérence territoriale - les SCOT - à l’échelle des communautés de communes et d’agglomérations ou encore les choix des politiques départementales ne viennent pas toutes une fois de plus s’inscrire dans une logique de court terme, davantage tournée vers le tourisme de luxe et le bétonnage affairiste que vers la réponse aux besoins des populations.
En abordant cette semaine la gestion de l’eau, en seulement deux exemples, la démonstration semble couler de source… Le premier exemple du SCOT de la communauté d’agglomération Antibes-Sophia Antipolis - la CASA - apporte un début de réponse malheureusement accablant pour les décideurs locaux, comme le confirme la conseillère communautaire communiste Sylvette de Lépinay dans son analyse (voir ci-contre). L’autre exemple, le traitement des eaux usées au niveau de la communauté des communes des Coteaux d’Azur, montre les possibilités et aussi les freins rencontrés.
La DTA permet une réponse globale, seule capable de préparer l’avenir, la mise en œuvre nécessite maintenant une volonté et une cohérence politiques. A mois d’un an d’échéances électorales locales - municipales et cantonales - les habitants, les associations sauront regarder de prés les choix des uns et des autres. Le Patriote veut être le journal où tous ces militants et ces citoyens pourront trouver des éléments pour former leur jugement et s’exprimer librement. Pierre CHAILLAN
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