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International - Article paru le 7 août 2007 dans l'Humanité

Monde

Une plate-forme de revendications pour le Darfour

Soudan . Huit factions rebelles ont adopté une position commune.

Les envoyés spéciaux de l’ONU et de l’Union africaine (UA), Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, pouvaient hier afficher leur satisfaction. Au terme d’un week-end de négociations à Arusha, en Tanzanie, huit factions rebelles du Darfour sont parvenues à dégager des positions communes en vue de négociations définitives avec le gouvernement soudanais. Les détails des revendications élaborées au cours des discussions n’ont pas été divulgués mais, selon le communiqué final, la « plate-forme commune » des groupes rebelles porte « sur le partage du pouvoir, le partage des richesses, les arrangements sécuritaires, les problèmes liés à la terre et aux questions humanitaires ».

Sur cette base, les groupes signataires ont « exprimé leur engagement et leur disponibilité à participer pleinement aux pourparlers à venir » avec Khartoum, qui selon eux « devraient avoir lieu d’ici deux ou trois mois ». Ils ont également demandé aux envoyés spéciaux de continuer à consulter « les déplacés, les réfugiés, les chefs traditionnels et les organisations de la société civiles » pour permettre à ces voix de se faire entendre dans les négociations finales. Sur les questions plus immédiates, les groupes présents à Arusha se sont engagés à permettre aux humanitaires de faire leur travail. Outre leur engagement à collaborer pleinement avec la force de paix ONU-UA, dont ils ont salué la création la semaine dernière par une résolution du Conseil de sécurité, ils se sont dits prêts à « respecter une cessation complète des hostilités à partir du moment où toutes les autres parties prennent des engagements similaires ».

Salim et Eliasson ont annoncé leur intention de se rendre dès cette semaine à Khartoum pour y entamer les consultations avec le gouvernement soudanais sur la base de l’accord d’hier. Néanmoins, de nombreux obstacles subsistent avant de pouvoir lancer des négociations définitives crédibles. Invités par le communiqué final à rejoindre le processus, deux chefs influents étaient absents des pourparlers d’Arusha. L’un pourrait, grâce à la pression internationale, être autorisé par Khartoum à quitter le Darfour mais l’autre, réfugié à Paris et populaire auprès des déplacés, ne montre aucune volonté de participer à une consultation. Enfin, la question de savoir qui participera aux négociations directes avec un gouvernement soudanais, dont les pratiques corruptrices pourraient mettre à mal tout le processus, devrait être l’occasion de nouveaux conflits entre les chefs rebelles.

Camille Bauer

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Tag(s) : #Monde
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