La question posée à tort et à travers depuis des semaines à savoir " comment refonder la gauche" n’est pas la bonne.
Les présupposés à cette question n’existent pas.
Il n’y a notamment , pas de gauche au sens où on semble l’entendre aujourd’hui de "courant de pensée unitaire reposant sur des idées claires et précises qui suscitent une adhésion unanime et qui ne font débat entre aucun membre de ce courant".
Ce n’est même pas un mouvement unitaire - on le voit bien .
C’est un paysage politique et axiologique vaste où se rassemblent des groupes plus ou moins proches à l’occasion de moments critiques de l’histoire d’un pays et en vue d’objectifs déterminés.
E nd’autres termes la gauche , c’est un jardin à l’anglaise bien plus que le jardin à la française que notre identité cartésienne aimerait pouvoir trouver.
C’est pareil pour la droite d’ailleurs, mais pour la droite pour le moment ,cela ne se voit plus car Sarkozy a tapé pile dans le mille en jouant à fond sur le "culte du chef" français et bourgeois d’une part et d’autre part en éliminant ses rivaux dangereux : tradition gauliste, extrême droite, droite chrétienne, centre droit. Tout le monde est rentré dans le range, de gré, de force ou par la manipulation.
Revenons en à la gauche : dans ce paysage politique, certaines formations ont des idées communes et d’autres pas, il ya des sous-groupes qui se forment par affinités et aussi en fonction des moments, ce qui peut expliquer le changement des alliances et même, parfois, des valeurs partagées.
Quel rapport par exemple entre une SFIO et un PC sur les sujets de la colonisation et de la décolonisation? ou sur celu ide la guerre d’Espagne? sur celui de la particpation à la guerre? etc etc?
Plus récemment, le PCF partage avec la LCR le communisme. Le PCF ne parage pas l’anticapitalisme avec le PS mais le PCF partage en revanche aussi la participation démocratique avec le PS alors que la LCR rejette ce type d’accord au nom de valeurs révolutionnaires de non-compromission avec les "sociaux traîtres". Le PS le PCF et LCr ont pu se retrouver côte à côte avec les syndicats à une certaine époque . Le PCF a aussi partagé des valeurs de progrès social avec les "antilibéraux de gauche" mais il s’en éloigne dès qu’on aborde la question du capitalisme et beaucoup d’antilibéraux sont plus proches des idées de’antonio negri que du marxisme.
Bref, on voit bien qu’il n’y a pas de réelle colonne vertébrale commune qui ne souffre aucune discussion, à part sans doute quelques questions sociétales (et encore en creusant on se rendrait compte qu’il n’y’ a pas bcp de fondement idéologique commun à ces questions communes).
En revanche, il ya une colonne vertébrale commune à tous les communistes, qu’ils soient ou non du PCF, c’est la lutte des classes et l’anticapitalisme, son dépassement ,son abolition, son renversement, etc etc.
J’ai lu aussi ton papier sur le capitalisme et le rendre plus "social" - tu mets le doigt sur le problème mais je pense que tu le traites incorrectement au final même si il ya des choses intéressantes (notamment je comprends bien ce que tu dis et je suis d’accord avec toi sur le fond sauf que pour moi il ne s’agit surtout pas de dire qu’il faut rendre le apitalisme plus "social" mais qu’il faut permettre aux travailleurs de vivre décemment et d’avoir assez de forces pour renverser le capitalisme... nuance qui me semble importante si on ne veut pas retomber illico dans le piège de la social démocratie PS qui nous a amenés là où nous somems c à d bien bas) .
Donc, revenons en à nos moutons, non décidément la question n’es pas celle de la refondation de lagauche, c’est évident.
La refondation de la gauche ne pourra jamais être qu’une conséquence de la rénovation des formations politiques et syndicales qui se situent ou prétendent se situer à gauche de l’échiquier politique et ne saurait être un objectif en soi.
Le meilleur clivage pour moi entre droit et gauche reste le capitalisme et la position qu’on entend adopter face ou contre ou avec lui...
Donc, il faut dire les choses clairement si on veut être compris clairement. Que celles et ceux qui se cachent derrière la gauche pour "refaire du collectif unitaire antilibéral" disent qu’ils créent un nouveau parti où ils accueillent tous les "déçs" de tous bords ,et ça ira plus vite.
C’est sûr que c’est un peu plus compliqué que d’essayer de phagociter une structure déjà existante.
Ce à quoi on assite actuellement vers le PCf c’est, selon moi, de "l’entrisme" à la puissance mille.
Il y aura ceux qui sont d’accord et ceux qui ne sont pas d’accord. Je propose ici et là qu’on laisse d’baord les militants du PCF décider en souveraineté et en conscience si ils veulent ou pas se faire "entrer"...
Pour le reste, les communistes et le PCF ont malgré certains errements, bel et bien identifié qu’ils avaient un travail d’analyse, de réflexion, et de propositions à faire. Et je peux te dire que ici ou là ça réfléchit sérieusement (ce qui ne me semble pas être le cas de toutes les pseudo formations qui nous tournent autour) et que ce n’est pas forcément la partie la plus visible de l’iceberg. Pas la plus "glamour" donc.
Mais un communiste sait bien comment il se définit et si les autres ne le savent pas, c’est dommage mais ce n’est pas à nous d’en payer les frais :
Anticapitalistes, internationalistes, pour arriver à une société sans classe, une organisation sociale sans État, fondée sur la possession commune des moyens de production, et qui peut être classée comme une branche du socialisme.
Non plus « à chacun selon ses moyens" mais "à chacun selon ses besoins ».
Voilà l’utopie communiste - elle n’a pas changé car le capitalisme n’a pas changé et existe toujours.
Ceux et celles qui ne veulent plus de cela ne sont tout simplement plus communistes - c’est leur droit absolu mais nous ne sommes pas obligés de partager ce point de vue, n’est-ce-pas?
Fraternellement
La Louve
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