116: tel est le nombre de postes d’enseignants dans le premier degré que l’académie de Nice devra rendre à l’État, en septembre
2011. Le ministère de l’Éducation nationale vient, en effet, de distribuer les dotations annuelles. Cette dotation négative allouée à l’académie de Nice représente, selon le SNU-Ipp, un coup de
massue. Pour permettre aux académies de préparer la rentrée prochaine dans les écoles maternelles et élémentaires. Et ces dotations, qui devront être entérinées mardi prochain, lors du comité
technique paritaire ministériel, sont toutes négatives. À l’exception de la Guyane qui touche 40 postes supplémentaires, les autres académies voient leurs moyens fondre comme neige au
soleil. Le record est détenu par Lille qui perd 336 postes, suivie de Nancy-Metz (- 298), Caen (-195), Strasbourg (-177), etc. Avec 15 postes en moins, la Corse apparaît presque préservée… Les
raisons de cette série de coupes claires? « Elles tiennent au budget de rigueur pour l’École. L’an prochain, 16000 suppressions de postes enseignants ont été programmées sur le plan national
par le ministère, explique Gilles Jean, secrétaire départemental du SNU-Ipp, syndicat enseignant majoritaire dans le 1er cycle. On s’attendait donc à recevoir une dotation négative. Mais pas de
cette ampleur. 116 postes en moins pour les écoles de l’académie de Nice, c’est un coup de massue! »
Vers des classes plus chargées?
En janvier, le nouveau recteur, Claire Lovisi, qui vient de prendre ses fonctions à la tête de l’académie de Nice, devra procéder à des arbitrages. Afin de répartir cette enveloppe négative entre les écoles des Alpes-Maritimes et du Var. « Où va-t-on prendre ces postes, alors que la démographie scolaire dans le premier cycle ne cesse d’augmenter ? Chiffres de l’inspection académique des Alpes-Maritimes, ce sont 285 écoliers en plus qui ont été accueillis à cette rentrée. Et les projections pour 2011 sont du même ordre. » En mai dernier, il y a eu des fuites autour d’un rapport ministériel (le schéma d’emplois 2011-2013) qui détaillait noir sur blanc la méthode pour récupérer des postes d’enseignants « sans dégrader les performances globales » de l’école. « L’un des moyens préconisés est d’augmenter le nombre d’élèves par classe, précise Gilles Jean. Ce qui dans les A.-M. va poser des problèmes, notamment dans les maternelles déjà chargées. » Autre cible, le réseau d’aide spécialisée (RASED). Ces enseignants, formés dans la prise en charge de troubles d’apprentissage, ne font pas classe. Détachés dans les écoles, ils accueillent des petits groupes d’élèves en grandes difficultés. Pour leur apprendre à apprendre. Il y a deux ans, 23 postes de RASED ont été supprimés dans les Alpes-Maritimes pour remettre ces enseignants spécialisés en classe ordinaire, devant les élèves sans maître. Et le SNU-Ipp de redouter d’autres mesures de ce style à la rentrée 2011.
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