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Article paru le 6 juillet 2007 dans l'Humanité

 

Mariann Fischer Boel, la réforme viticole au pas de charge

Le titre de sa fonction entre

en contradiction avec son action. Commissaire européenne chargée de l’Agriculture et du Développement rural, Mariann Fischer Boel a soutenu sans relâche une réforme qui prévoit l’arrachage de 200 000 hectares

de vignes, un texte adopté hier

par la Commission européenne

sous couvert que nos cépages

ne seraient plus assez compétitifs. Notre viticulture serait même inadaptée au marché, face à une superproduction chronique et à une concurrence des vins du Nouveau Monde. Il fallait bien réagir, explique Mariann Fischer Boel. Elle l’a fait. Politicienne danoise, elle n’en est pas

à son premier coup d’éclat.

Étudiante en lettres modernes,

puis économie et langues, elle entre

en politique après avoir dirigé

une société d’export à Copenhague. Membre du Parti libéral, elle débute

sa carrière européenne en 1994

et se distingue rapidement lors

de sa confrontation avec Jacques Barrot en lui adressant un :

" Le financement de Galileo ne peut pas dépendre du cours des céréales. " L’interpellé commissaire européen chargé des Transports avait eu l’idée d’utiliser les " crédits non consommés " de l’agriculture pour financer

son projet de satellite européen…

Mariann Fischer Boel allait-elle défendre bec et ongles l’agriculture

et les milieux ruraux ? Sa dernière réforme soumet un peu plus les entreprises viticoles à la loi du marché et du profit, tout en affaiblissant les vignerons les plus faibles. Les subventions accordées pour distiller

les vins invendus seront, par exemple, supprimées. Mais ce qui inquiète le plus le Copa-Cogeca, principale fédération européenne de syndicats agricoles,

c’est la libéralisation des droits

de plantation et la remise en cause

des règles d’étiquetage. Ces dernières s’appuyaient jusqu’à présent sur les indications géographiques protégées. La route au pillage des cépages et à l’industrialisation à outrance des vins est ouverte. À plus long terme,

le plaisir de nos papilles est aussi menacé, puisque toutes ces démarches conduisent à une uniformisation des vins. Grâce au développement rural

de Mariann Fischer Boel,

un produit culturel devient produit

de consommation industrielle.

Aurélien Soucheyre

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Tag(s) : #Economie
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