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La Gauche en débat : résister-reconstruire paru dans l'Humanité du jeudi 21 juin 2007


Des communistes proposent la fondation d’un autre parti

Hier à Paris, le collectif Communisme 21 présentait à la presse " une première contribution pour un débat ouvert et constructif " (1). " Ce que nous recherchons, c’est l’engagement d’un débat exigeant entre tous les communistes ", explique Wilfrid Lunel en présentant les initiateurs du texte. Par " communistes ", il entend " les membres du Parti " et les " communistes de coeur ". Le texte soumet au débat deux propositions. La première est de " mettre en discussion le principe de la fondation d’un autre parti politique ". " En levant le tabou du nom ", précise Fabienne Pourre. Cette discussion doit être " avant tout l’oeuvre des hommes et des femmes communistes ", " à l’initiative de celles et ceux qui sont membres du PCF " et, précisent les auteurs, " à l’exclusion de toute opération pilotée d’ailleurs ". La deuxième proposition, c’est une adresse lancée aux " différentes sensibilités communistes " pour qu’elles " exposent clairement leurs analyses et propositions " afin que, pour le congrès, " toutes les cartes soient sur la table ". " On a trop souffert de discussions où les cartes étaient biseautées ", remarque Fabienne Pourre.

Les initiateurs du texte analysent " la séquence électorale 2007 " et s’interrogent sur le pourquoi de ce " Waterloo électoral " du PCF. " Il ne s’agit pas seulement de reconnaître l’échec, ni même de l’assumer. Il faut en rechercher et dire les causes, celles qui tiennent aux choix politiques les plus récents et celles qui viennent de plus loin et plus profond ", insistent les auteurs. Pour eux, la direction du PCF n’a pas mesuré " l’exaspération de 2002 " : celle d’un peuple confronté à " une insécurité globale ". " Insécurité sociale ", " économique ", " insécurité de la vie ", " insécurité planétaire ". Une " insécurité à la fois personnelle et collective ", précise Pierre Blotin. Ils reprochent à la direction du PCF d’avoir mis sur le compte de la gauche plurielle et de Robert Hue l’échec de 2002. La victoire du " non " en 2005 et le mouvement contre le CPE reflètent cette exaspération et non le fait d’un " antilibéralisme devenu majoritaire ", comme l’analyse, selon eux, la direction. Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Ségolène Royal, qui ont avancé chacun à leur manière " des solutions face à l’exigence de sécurisation sociale " et proposé " des réponses à l’exaspération devant les blocages du système politique ", ont " formé le trio de tête ", précise Fabienne Pourre. Pour les auteurs du texte, la direction du PCF et Marie-George Buffet ont " voulu mettre en avant un autre enjeu : changer la donne à gauche pour changer les choses en France ". " Si on dit qu’on ne peut rien faire tant qu’on n’est pas les plus forts, on est inaudibles ", précise Pierre Blotin.

Ce sont donc " les analyses et les orientations " de la direction du PCF depuis 2002 qui ont conduit à l’échec, selon eux. Elle a tourné le dos aux " stratégies d’union dans un rapport de forces dominé par le PS ", " tant que ce rapport de forces ne serait pas inversé ou amplement modifié ". Et elle a considéré que le moment était venu de " construire un rassemblement ayant vocation à devenir majoritaire à gauche ". Ils estiment que cette orientation était " fondée sur une évaluation erronée des possibilités à court terme du mouvement populaire " et s’assignait " des résultats électoraux hors de portée ". Ce qui a conduit au " naufrage ", puis au " sabordage " par le PCF des collectifs antilibéraux. Plus avant, les auteurs posent la question du communisme. Pour eux c’est " le communisme du XXe siècle qui a échoué ", mais ça ne signifie pas " la mort inéluctable ", la " fin de l’histoire " pour le communisme.

C’est pourquoi le nouveau parti qu’ils veulent fonder " doit absolument conserver ses références au communisme ", estime Daniel Cirera. Le texte précise qu’il ne doit pas " s’y cantonner sans s’ouvrir à d’autres références issues du mouvement réel ". " Il ne s’agit pas seulement de faire un nouveau parti, mais un autre parti qui garde ses références mais affronte les questions de l’avenir ", affirme Daniel Cirera. " On ne veut pas se situer dans la recomposition de la gauche ", précise-t-il encore. Un " autre parti " donc, pour qui " le mouvement doit être le levier de la transformation sociale ", et qui recherche " des rassemblements et des alliances multiformes ".

(1) Le texte dans son intégralité est consultable sur

et Michel Toumazet.

Olivier Mayer

www.communisme21.fr. Étaient présents : Pierre Blotin, Daniel Cirera, Denis Cohen, Denis Duvot, Wilfrid Lunel, Jean-Paul Magnon, Michel Maso, Fabienne Pourre, Valère Staraselski
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Tag(s) : #DEBAT après le 17 juin 2007
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