TENTATIVE D’ANALYSE
Petite contribution au débat...
Je ne prétends pas être politologue, philosophe ou historien, juste un militant essayant de comprendre et d’apporter sa pierre à l’édifice.
Comme première remarque, la socièté française dans laquelle nous vivons n’est pas isolée du reste du monde, l’UE et ses dirigeants agissent et décident toujours plus dans la politique de notre pays. Le NON au référendum constitutionnel ,véritable séïsme politique dans cette Europe libérale ne pouvait rester sans réaction et c’est à partir de là qu’il convient de rechercher les causes essentielles du résultat du premier tour de l’élection présidentielle dont l’enjeu principal était le libéralisme qui se caractérise en premier lieu par la revanche du camp du OUI avec toutes les conséquences économiques et politiques.
Si le camp du NON(hétéroclite) suite à sa victoire a tenté de s’organiser, en particulier au sein des collectifs antilibéraux avec une démarche programmatique ,en grande partie initiée par le Parti communiste ,la démarche tactique de candidature unique a échoué. En fait à partir du moment ou les propositions politiques(125 ) s’articulant autour d’actions pour réussir voyaient le jour ,il convenait que l’action prioritaire soit :Son appropriation par l’ensemble des différentes couches sociales intéressées et donc la popularisation de ces propositions et les moyens d’actions les crédibilisant.
Les tergiversations multiples ont repoussé cette échéance(y compris le faux débat instauré par LCR sur les rapports avec le PS au combien puéril aujourd’hui !),et lui ont substitué la désignation par double concensus d’un candidat unique. La position du PC a bien été de remettre en avant le programme ,de le populariser, mais les nombreuses autres composantes ont par toutes sortes de manœuvres ,remis sans cesse en avant la désignation du candidat portant le débat au sein des collectifs locaux. Même si certains "EGO" ont eu un impact certain sur la situation, c’est avant tout dans la stratégie des composantes du collectif national qu’il convient de chercher la réponse :La recomposition de la gauche sur "les ruines" du parti communiste étant à l’ordre du jour, celui-ci ne "pouvant jouer un rôle central" dans cette recomposition. Pour la majorité le parti communiste ne pouvait être qu’affaibli afin de récupérer " l’appareil militant" et s’en servir sur d’autres bases.
Nous sommes là, bien loin des objectifs de départ d’un rassemblement antilibéral qui remettrait en cause la société actuelle et beaucoup plus proches des tenants sociaux-démocrates du OUI et même du libéralisme.
Il convient de remarquer, que pendant toute cette période, les tenants de l’idéologie dominante, le presse, l’ensemble des médias, accompagnés en cela par des idéologues,philosophes, et autres historiens, ont développé une campagne anti-communiste d’une rare violence et touchant tous les aspects de la vie politique et s’étalant sur une période historique longue. Enfin il faut noter que dans ce domaine, les ont rejoint une partie des anti-libéraux et autres opportunistes de "gauche". La cohérence de la stratégie adoptée par le Capital et les tenants du OUI au libéralisme apparaît comme évidente :L’objectif étant bien de porter un coup fatal à toute action ou stratégie, pouvant remettre en cause le capitalisme, et ce quelqu’en soit la forme.
Le Parti Communiste, sa candidate, devenant la cible privilégiée, censure et attaques de toutes natures ont été la règle absolue, alors que parallèlement une médiatisation importante était de rigueur chez les autres"antilibéraux" en particulier J.Bove et O.Besancenot.
On peut sans doute reprocher au PC de ne pas avoir dénoncé cet état de fait, mais aurait-il été compris? N’était-ce pas accentuer encore l’impression de division qui était déjà forte ! MG.Buffet en menant une campagne d’explication, de propositions, de combat, a tenté , avec les militants de réhausser le niveau politique du débat. La compréhension, la sympathie et même l’enthousiasme n’auront pas suffit a vaincre la peur d’un nouveau 21 avril et donc à mobiliser autour d’un projet ambitieux et véritablement anti-capitaliste.
Le résultat est là :Le NON anti-libéral a été laminé !
Il semble évident que le combat ne s’arrête pas la !Si le Parti Communiste dans cette campagne a su mobiliser malgré de nombreux obstacles, les très nombreux militants jeunes et vieux réunis pour un combat aussi difficile, c’est avant tout parce qu’il a su se réapproprier les réflexes militants s’ancrant aux coeurs des luttes, des entreprises et des quartiers, retrouvant ainsi une partie de son électorat traditionnel. Bien sur nous sommes très loin du compte et le piège du vote" utile " et d’une américanisation de la vie politique se développe avec la volonté affirmée tant du coté BAYROU-ROYAL que SARKOZY-LEPEN, que peut-il rester à partir de ce schéma de la démocratie et de la liberté?
Il me semble que deux possibilités se dessinent :continuer avec cette stratégie de rassemblement hétéroclite et qui a montré ses limites, et surtout le peu de fiabilité des composantes anti-libérales ou s’appuyer sur les forces qui se sont mobilisées autour de MG.Buffet pour populariser et ancrer les propositions d’actions qui sont bien accueillies mais semblent inaccessibles pour une majorité. En fait avons la capacité de développer une bataille idéologique de cette ampleur, et surtout avons nous la volonté et les moyens de la gagner?
Sans doute empêcher Sarkozy d’accéder au pouvoir est-il important mais la bataille pour le battre et surtout avec quels arguments est déterminante, il ne s’agit pas de faire élire Royal, mais bien de refuser l’accès à un homme dangereux et représentant cet ultra-libéralisme que nous combattons. Cette campagne doit être aussi le moyen de poursuivre le combat et "peut être" d’engranger une remontée aux législatives.
Plusieurs obstacles restent à surmonter, comment populariser nos idées? Si nous ne mettons pas en oeuvre les moyens correspondants, en clair :Même si l’action militante est montée d’un cran il reste à organiser, à unifier cette bataille idéologique, l’objectif étant d’ancrer la crédibilité de nos propositions et surtout la lutte pour y arriver, c’est à dire créer les conditions d’un mouvement populaire de grande ampleur.
Pour ma part, il me semble que l’Humanité devrait jouer ce rôle idéologique unificateur important, et même si l’échange d’idées contradictoire est nécessaire, il convient de favoriser le débat sur nos propositions et notre action.
Cela suppose bien sur de renforcer l’organisation du parti, sa structure, ses moyens, sa communication.
Il faudra bien aussi débattre du rôle de chacun dans le Parti, ses élus. Clairement identifier qui fait quoi et qui est qui !
Dans la dernière période on a pu voir et entendre des "Communistes refondateurs-unitaires-alternatifs etc..." c’est à dire n’importe qui , s’exprimer et assimiler dans le conscient collectif comme Parti Communiste jetant par la même une confusion supplémentaire dans la bataille d’idées déjà difficile. Il me paraît indispensable que le Parti Communiste et ses dirigeants parlent le même langage si nous voulons être compris.
Ces quelques réflexions n’engage bien sur que moi et se veulent contributives au débat actuel, sans acrimonie, ni complaisances qui faussent le débat d’idées, il est important que chacun y contribue mais avec l’idée qu’il faudra bien trancher si l’on veut avancer.
Roger bretagne
vendredi 27 avril 2007
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